Relax

Il y a quelques semaines de ça, ma bonne copine Mentalo me contacte et me propose de participer avec elle à une opé blogueuse.

« Haha, la vanne ! », j’y ai dit.

Et puis quand elle a ajouté que c’était pour tester un week-end en thalasso, j’ai demandé : « On part quand ? » et je suis partie faire mes essayages de maillot de bain et me raser le maillot au rasoir Bic orange.

Car il faut savoir que je n’ai pas pris de bain d’une durée supérieure à 8 minutes depuis 19 mois. Et pas dormi plus de deux heures consécutives sans avoir un enfant greffé à mon sein gauche (et le père au droit) depuis à peu près aussi longtemps. Sans compter que la dernière fois que je me suis fait une thalasso, ça remonte à environ, attends que je fasse le compte… à jamais, très exactement. Donc moi, quand tu me vends l’idée que je vais pouvoir abandonner mes enfants et mon mec pendant 48 heures pour passer deux jours en peignoir et en chaussons en éponge, à rire gras dans le jacuzzi avec mes copines, et à me faire suer la couenne dans le hammam, je dis banco et je signe. Et je pleure de joie tellement la perspective de me contenter de dormir et de ne rien foutre, ça me fait chaud au palpitant (voyez comme j’ai des joies simples).

Moi, je croyais qu’on ne conviait que les blogueuses mode et beauté à ce genre d’opérations, hein. Mais ma foi, ce coup-ci, un community manager drôlement sensé et ayant un goût sûr pour la prise de risque et l’aventure (comme moi) (et Bear Grylls, mon idole) a décidé de rencarder des blogueuses mal habillées et pas maquillées, et de les envoyer dans un hôtel 5 étoiles pour qu’elles prennent du repos, avec ou sans gloss ni robes Manoush. C’est-y pas tout à son honneur, seriously ? Le mec, au lieu d’envoyer Valoche et Passiflorine, il décide d’envoyer des mères au foyer déprimées et leurs copines à la place. J’ai envie de dire : « Check grôs » et du lui mettre une claque amicale dans le dos pour le remercier de nous avoir fait confiance à nous, filles même pas tendance ni vraiment influentes, pour faire un compte-rendu d’un séjour à la cool, le cul dans les bulles du jacuzzi et le pif dans celles du bock de bière. Car croyez-moi, c’est pas tous les jours qu’on envoie en week-end une vieille tatouée de la Lorraine rurale et ses acolytes névrosées. Fallait oser.  Bravo le veau. Respect.

Ca fait donc quelques semaines que mes copines et moi, on frétille du string en s’échangeant des mails pour organiser note future virée, régler le co-voiturage et se rappeler mutuellement de pas oublier de s’épiler les aisselles pour le jour J.

steaks

Quand on est affublé de nombreux enfants (dis-toi qu’on était 6 à partir et qu’à nous toutes, on a pas moins de 17 chiards) (sachant que cette trublionne de Monique fait baisser la moyenne, elle qui préfère les bébés chats aux enfants humains), la moindre sortie solo à plus de 10 kilomètres de la maison – hors courses alimentaires et impératifs professionnels –  prend des airs de grande aventure. Pour nous autres, ce week-end s’apparentait à un road trip façon Thelma et Louise (sans perspective de viol sur un parking, toutefois), et j’avais même prévu de mettre un foulard autour de la tête et des lunettes de soleil, comme Susan Sarandon, avant de klaxonner devant la maison de mes acolytes pour les récupérer dans ma Citroën Saxo, toutes vitres baissées (à défaut de toit décapotable). Mais au lieu du foulard et des lunettes, j’ai finalement emporter tout ceci, très exactement :

– 2 robes en cachemire

– 1 bonnet

– 1 paire de collants à paillettes, pour faire comme si c’était Noël

– 2 paires de chaussettes noires, pour faire comme Eddy

– 1 paire de chaussures à talons, pour faire comme les filles

– 1 mouchoir en tissu à carreaux, pour faire comme les vieux papys

– 8 Tampax même si j’avais pas mes règles (on ne sait jamais)

– 1 soutien-gorge et une culotte léopard même si je suis mariée (on ne sait jamais)

– mon t-shirt Fame pour dormir

– mon sweat préféré avec un mikshake dessus

– ma trousse à maquillage pour cacher la misère

Et quelques autres trucs.

Et aussi, une playlist. C’est très important les playlists. Dessus, j’avais mis du rock’n’roll, du doo-wop et des tubes des années 80. Le tout s’enchaînant de façon parfaitement limpide et harmonieuse (faire des playlists réussies, c’est un peu mon super-pouvoir), passant de Jimmy Soul à Luna Parker et des Belmonts à Kate Bush le plus naturellement du monde. Si si, je te jure que c’est possible si on veut bien y mettre un minimum de bonne volonté. Et si on accepte de considérer Thai Nana comme un tube intemporel. J’avais aussi mis Bohemian Rhapsody, car tu penses bien qu’on ne peut décemment pas faire un voyage en voiture sans chanter sur ce tube quand on a été ado dans les 90s.

Bref, nous avons fait la route dans la joie et la bonne humeur, en chantant et en parlant de nos épisiotomies. Ca a failli faire vomir Monique qui n’avait pas pris sa Nautamine et qui avait choisi la place du fauteuil chauffant qu’elle a réglé sur 48°C, en espérant que ça lui chaufferait suffisamment l’utérus pour la rendre à jamais stérile. Et après quelques heures de route dans le monospace, on est enfin arrivées à Genval, gens (putain j’ai si honte).

genval

En plus t’as vu, c’est sur la même route que GlaxoSmithKline et Orangina Schweppes, sûre de pas tomber en rade de Ventoline ni de soda à secouer.

Bon, soyons sérieux deux minutes.

L’établissement Le château du lac est un château situé au bord du lac de Genval, oui je sais, même toi tu aurais pu t’en douter. Laisse-moi te dire que le paysage est drôlement joli avec toutes ses maisons façon Newport Bay Club qui bordent le lac. Pour un peu, on se serait cru à Disneyland Resort, sans lac artificiel ni chants de mouettes dans des hauts parleurs et sans enfants à oreilles de Mickey qui éructent leur pop corn. Car c’était bien là l’un des principaux avantages : pas un seul enfant à l’horizon. Ca a réconcilié Monique avec la vie, tiens.

En arrivant devant l’hôtel, on s’est tout de suite senties chez nous, parce qu’il y avait des Bentley garées devant l’entrée principale et beaucoup de gens en pantalons de golf. Nous on avait garé la voiture tout au fond du parking, derrière les thuyas, pour pas avoir l’air de sales pauvres. Et on avait pas pris nos clubs de golf parce que nous, on ne joue qu’au curling, le golf c’est pour les prolo. Pour faire couleur locale, Monique avait même mis sa jolie veste avec un col en renard synthétique.

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A l’accueil, la réceptionniste n’a pas tout de suite compris pourquoi elle ne nous trouvait pas sur le listing des réservations. On lui a dit qu’on était invitées mais elle est restée perplexe, sans doute parce qu’elle avait jamais vu des filles de notre standing dans ce genre d’établissement. Et puis à force de fouiller dans ses papiers, elle a fini par trouver la preuve que nous n’étions pas des terroristes venues déposer six valises d’explosif dans le hall et elle a consenti à nous indiquer nos chambres. Comme nos programmes du week-end n’étaient pas encore édités, on nous a invitées à repasser dans l’après-midi et ça tombait rudement bien vu qu’on avait une bonne dalle et que, les choses étant drôlement bien faites, y avait précisément un restaurant à notre disposition. On s’est donc dit que le moment était venu de passer aux choses sérieuses et de proclamer, autour d’un verre de bière, l’ouverture officielle de ce week-end dédié à l’amitié et aux prouts dans le jacuzzi.

Le restaurant était charmant lui aussi. Et calme, tu n’as pas idée.
Avec des employés rudement bien éduqués qui font des politesses, ça nous a changé du troquet.

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Vous remarquerez que ma robe est assortie au gerbera qui décore la table. J’ai un don inné pour m’assortir spontanément à la déco des endroits chics.

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Comme on avait soif on a voulu commander une carafe d’eau avec 4 pailles et puis bam, on est tombé sur la page des cocktails et on a commandé 4 Pimm’s au serveur sympa qui, au passage, m’a complimenté pour mon magnifique tatouage geisha, et je lui en veux pas du tout si en réalité ça représente absolument pas une geisha.

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Je mets 10/10 à ce cocktail qui contenait juste ce qu’il faut de Pimm’s, de jus de citron, de Cointreau, de sucre de canne et surtout, de Canada Dry, car si vous me connaissez suffisamment bien, vous n’êtes pas sans savoir que le Canada Dry est ma deuxième boisson préférée au monde (après l’huile de vidange).

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Vous noterez également que le serveur a pris soin de nous changer la déco de la table pour que ce soit encore plus joli et que moi, j’ai même pas été foutue de mettre du vernis à ongles corail pour les photos. Je chie grave dans la colle.

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Là, c’est moi qui chiale de rire parce que Monique arrête pas de demander à quelle heure on peut avoir les clés de nos chambres pour aller mettre notre peignoir et notre string jetable.

Comme on riait très fort dans ce silence de rigueur, on s’est senties obligées de s’excuser auprès du serveur qui nous a répondu qu’au contraire, on devait continuer à se fendre la gueule et à manifester notre bonne humeur, que ça faisait plaisir à voir. Alors on a continué à rire comme des petites hyènes. A un moment, Monique a dit : « Tiens, cette nuit j’ai rêvé que je niquais avec quelqu’un. C’était cool » et au même moment, on nous a apporté la carte.

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Emma a pris de la viande et de la polenta et Marie a pris des penne au fromage. Monique et moi, on a pris un potage de potiron parce que toutes les blogueuses mode sont vegan. Le potage nous a été servi dans une théière, c’est pas commun, comme dirait ma grand-mère. C’était un tout petit potage mais ça nous a largement rassasiées vu qu’on s’est fait poser un anneau gastrique la semaine dernière.

Nos deux dernières acolytes – Sabine et Fouilli – sont arrivées et sont passées directement au dessert, les gourmandes. J’ai bien regretté de ne pas avoir tenté la brioche perdue qui avait l’air bien goutue.

brioche-perdue-recette

Mais bon, c’était pas le tout de s’en mettre plein le bide. On était là avant tout pour la détente, le bien-être et les bulles dans la raie des fesses. Alors on a dit au serveur « Chouchou, tu mets ça sur notre note ! » et on est allées à l’accueil récupérer nos horaires de soins, au milieu des golfeurs et autres couples d’amoureux.

On avait tellement hâte d’enfiler nos savates en éponge, je vous dis pas. Rien n’aurait pu entraver notre joie et notre excitation de pucelle un soir de bal de fin d’année. Rien ou presque. Parce qu’en consultant nos horaires de soins, on s’est rendu compte que certaines d’entre nous étaient attendues au spa à une heure antérieure à celle à laquelle nous avaient été remis nos bons. A 15 h, on te remet un voucher qui te signale que tu es attendue au spa à 14 h pour un soin à 14 h 30. Ce qui est somme toute ballot, on est d’accord. « Pas grave« , on s’est dit, « la réceptionniste et le spa vont régler ça« . Sauf que non, pas du tout. T’as beau expliquer par A + B que tu ne PEUX PAS te rendre à 14 h à un rendez-vous que l’on t’annonce à 15 h, le personnel te dit qu’il n’y peut rien, que l’heure, c’est l’heure, que c’est d’ailleurs spécifié sur le voucher. Oui mais le voucher on ne l’a pas eu avant. Ah ben désolés, fallait le demander avant. Oui mais avant, on nous a dit de patienter. Ah mais désolés, en fait fallait pas.

« Désolés », ouais.

Heureusement qu’on était pressées d’enfiler nos peignoirs hein. Et qu’on est trop bien éduquées pour faire un scandale à la réception d’un hôtel qui propose des pommes granny smith en libre service. On a donc rejoint nos chambres.

Ma roomate à moi, c’était Monique. Elle courait dans le couloir comme un cabri en gueulant « Magne-toi le cul Josiane, je garderai pas mes fringues sur le dos une minute de plus. » Les gens ont du penser qu’on était un couple lesbien en lune de miel.

On a franchi le seuil de la porte. J’ai juste eu le temps de poser mon sac et de repérer les interrupteurs que Monique était déjà en peignoir. « Allez, dépêche-toi d’enfiler le tien, on a des photos de nichons à faire, pour Instagram et pour la postérité« .

Mais en fait, on n’a pas photographié nos nichons.

On a juste enfilé nos pantoufles en éponge taille 48 et on est allées jusqu’au spa comme deux retraitées en cure à la Bourboule.

shining

« Shining, 30 ans après », comme dirait Monique

On est passé devant la porte entrouverte d’une chambre et on a vu une pluie de pétale de roses sur le sol. On a dit « whaaaaaaa » sur un ton émerveillé et puis un gros monsieur rougeaud a surgi de nulle part, on a sursauté et on s’est dépêché de se barrer au spa. Les gros messieurs rougeauds aussi ont droit à l’amour et aux nuits romantiques hein, y a pas de raison.

Arrivées au spa, on s’est magnés de remettre sur le tapis le coup des voucher édités et transmis APRES l’heure du rendez-vous, pour revendiquer notre droit aux bulles et au bien-être. Nous comptions évidemment sur le bon sens de la responsable des lieux. Sur son amabilité aussi. Et sur son professionnalisme. Sauf qu’au lieu de ça, on a eu droit à une chouette partie de Kamoulox. Et qu’il a été IMPOSSIBLE de lui faire comprendre qu’on ne PEUT PAS se pointer à 14 h à un rendez-vous qui nous est transmis à 15 h. Un enfant comprendrait ça. Pas la dame du spa. Et comme on en a eu marre de l’entendre répéter qu’il fallait respecter l’horaire figurant sur les voucher (qu’en plus, elle s’évertuait à prononcer vouché), on a laissé tomber, et deux d’entre nous ont dû s’asseoir sur leur massage holistique et se contenter de boire des boissons diététiques au milieu d’inconnus en peignoir pendant que les quatre autres allaient se faire malaxer le gras et bouillir les fesses. Et laissez-moi vous dire qu’une vraie blogueuse influente n’aurait JAMAIS toléré ça.

Dame du spa, pour l’ambiance, je te mets 1.

Coup de bol, je faisais partie des filles épargnées par la malédiction du vouché périmé. Et une dame sympa et très souriante m’a demandé si je voulais profiter d’un bain de jouvance. J’ai dit « oui ma foi » en faisant semblant de croire que ce soin allait me faire rajeunir d’où que ce soit.

On m’a fait entrer dans une pièce drôlement cosy, avec une baignoire au milieu. On m’a expliqué qu’il s’agissait d’un bain à bulles basé sur la médecine traditionnelle chinoise, visant à rééquilibrer les énergies et à me faire me sentir mieux, j’ai dit « whaou » même si j’y croyais pas une seconde. La dame sympa m’a demandé quel état mon état émotionnel du moment afin de cibler la solution à base d’huiles essentielles qu’on allait verser dans mon bain magique. « Vous sentez-vous stressée ? Fatiguée ?« . J’ai dit « Je. Suis. Si. Fatiguée.« , et j’ai failli lui tomber dans les bras en pleurant tellement j’ai d’heures de sommeil en retard. Elle a dit « Ouuuh, alors c’est du métal qu’il vous faut » comme si c’était une évidence, et elle m’a dit que je pouvais me mettre toute nute si je voulais, mais comme j’avais ni la force d’objecter ni celle d’enlever mon maillot, je me suis vautrée dans la baignoire, dans mon maillot moche, et j’ai attendu.

Et les lumières se sont éteintes. Et au plafond, y avait des loupiotes qui faisaient penser à une voûte céleste, j’ai trouvé ça bien joli. La baignoire s’est mise à faire des bulles de tous les côtés et la solution versée dans l’eau s’est transformée en une sorte d’écume douce comme c’est pas permis. Et j’ai arrêté de chouiner. Et je me suis laisser flotter. C’était comme être bercée dans un gros nuage qui sent bon la nature. Avec des bulles qui te massent progressivement de la plante des pieds jusqu’à la nuque. C’était si agréable de sentir ces milliers de bulle me bercer dans l’eau que j’ai viré le haut de mon maillot parce qu’après tout, j’étais en tête à tête avec moi-même, pas de chichi entre moi et moi. Je crois qu’à un moment donné, j’ai bien failli avoir  un orgasme et non, n’allez pas croire que c’était parce que la baignoire faisait des bulles à cet endroit-là, non. Juste, j’en suis arrivée à me demander si le dos n’était finalement pas une zone érogène tellement ça faisait du bien de sentir toutes ces bulles tièdes me parcourir la colonne vertébrale.

Ca a duré 20 minutes. Ce qui est un temps parfaitement honorable en de telles circonstances. A la fin, j’avais pas rajeuni du tout, tu penses bien. Mais j’avais rien qu’une envie : me rouler en boule n’importe où, genre là, par terre, dans un coin, et dormir pendant 6 mois minimum.

Sauf que c’était l’heure de rejoindre mes acolytes au bar du spa pour boire des eaux aromatisées et autres trucs drainants. Et puis pour profiter du reste des installations.

La piscine était jolie mais trop froide à mon goût (je suis une lichette bien trop frileuse qui ne se baigne jamais dans une eau susceptible de faire pointer les tétons). Alors j’y ai trempé juste les pieds et pendant que mes copines courageuses faisaient des mini-longueurs ou des mouvements d’aquagym, je faisais les gros yeux à un type bizarre qui me regardait depuis le solarium comme si j’étais un spécimen de freakshow.

piscine

Quand j’en ai eu marre, je suis allée me réfugier au hammam puis au sauna. Ca m’a fait repenser à :

1) la fois où mon beau-frère Jéjé s’est endormi dans le sauna à Center Parcs. Il est ressorti de là tout rougeaud et j’ai bien cru que son coeur allait lâcher. Comme quoi, on peut parfaitement s’endormir dans une cabine chauffée à 80°C.

2) ce film d’horreur dans lequel un mec meurt en fondant littéralement dans un sauna

J’ai pété l’ambiance en disant tout haut : « Hé, vous vous rappelez de ce film où un type meurt en restant coincé dans un sauna ?« , et y a des filles très chics à côté qui m’ont regardé de travers, et j’ai voulu détailler la scène mais finalement, je me suis dit que c’était un bon moment pour aller prendre une douche et faire connaissance avec le mini bar de ma chambre. Et surtout, pour vider les 3 litres de lait que contenait chacun de mes seins, au bas mot.

Monique a voulu faire une sieste et était drôlement ravie d’être bercée par le ron-ron du tire-lait électrique. « Je suis tellement désolée de t’infliger ça », lui ai-je dit. Elle qui a le tournis à la seule vue d’un biberon, je te dis pas comme elle morflait d’avoir une coloc’ de chambrée occupée à se traire deux fois par jour dans un des fauteuils clubs de la piaule. Mais j’avais pas le choix, mes pauvres enfants. Avec mon enfant de 19 mois qui tète sa mère jusqu’à 8 fois par 24 heures, je vous dis pas ce que ça peut donner en terme de sensations pures. Cela dit, ça nous a donné l’occasion de puter un peu sur les primipares qui s’empressent de torcher des livres sur l’allaitement à la première occasion, comme si elles venaient de percer un des secrets de l’univers. Et on s’est dit que dans ce cas, moi je pourrais littéralement rédiger une encyclopédie du lait, vu mon background.

Mais bref.

Pendant ce temps là, la chambrée du premier étage commençait à s’impatienter. Faut dire que c’était l’heure de l’apéro alors forcément, ça commençait à les gratter. Et qu’on était en Belgique depuis 8 heures maintenant et on n’avait toujours pas bu de bière, un scandale. Monique a dit : « On finit la traite de Micheline et on arrive« , et c’est ce qu’on a fait.

Pour aller dîner au restaurant de l’hôtel, on avait décidé de se faire un peu belle. J’entends par là, remettre du fond de teint et une culotte gainante.  On a rejoint nos acolytes au QG (la chambre 119 et pas la chambre 109, n’est-ce pas Monique qui frappe à la porte d’inconnus) (si ça se trouve ceux du 109 étaient en train de faire l’amour et toi, tu leur as fait rater leur orgasme). J’ai raconté mes péripéties lactées et Marie m’a demandé si j’avais mis mon lait dans le frigo du mini-bar et je lui ai demandé « Pour quoi foutre, tu veux te faire des corn flakes ? » et cette histoire de corn flakes nous a donné suffisamment faim pour qu’on descende enfin se restaurer.

Nous sommes arrivées toutes pimpantes au restaurant qui nous a refoulées parce qu’on n’avait pas réservé. Mentalo a failli pleurer, Marie a failli s’énerver, moi j’ai chialé de rire tellement c’était trop gros pour être vrai. Le maître d’hôtel n’avait aucune réservation nous concernant. A aucun de nos six noms. Et aucune connaissance d’invitées quelconque. On est allées jusqu’à la réception en se disant qu’au pire, on pourrait toujours manger des pommes granny smith et re-belote, on nous as dit que dé-so-lé, c’était râpé pour dîner au restau sans réservation, alors on a commencé à être grincheuses et par chance, la réceptionniste – qui s’appelait Marie-Noëlle, comme la fille du père Noël – qui était jolie et sympa, s’est excusée et nous a assuré qu’on serait nourries comme il se doit, ce qui m’a drôlement réconfortée, en tant que bête laitière affamée. Et pour patienter, on nous a offert des bulles.

champagne

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Voyez comme le champagne a le don de me ragaillardir ?

Au restau gastronomique, on a bien mangé et bien bu, merci petit Jésus. On a voulu proposer au chef de lui faire l’amour en échange de sa recette de tarte tatin et de glace aux noix de pécan mais on avait massage le lendemain et on voulait pas se coucher tard, surtout Monique qui a l’habitude de se coucher juste après la météo et qui n’arrêtait pas de se plaindre qu’elle voulait aller au lit.

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Ce soir-là, ça m’a fait tout drôle de me coucher dans un lit King Size et de pouvoir m’étendre telle une étoile de mer sans entrer en contact avec qui que ce soit. Pour sûr, ça change un tantinet des nuits à trois dans le même plumard, avec un géant qui dort en diagonale pour réussir à caser ses jambes de shadoks et son 48 fillette, et une sangsue humaine accro au lait de sa mère. J’ai failli faire une crise d’angoisse tellement je me sentais seule dans ce lit. J’avais perdu l’habitude de pouvoir changer de position dans un lit, de pouvoir disposer d’un oreiller pour moi toute seule, de n’avoir aucun souffle ni aucun ronflement dans les oreilles, ni aucun bébé qui se réveille toutes les deux heures pour vérifier que je ne sois pas partie. Ca m’a fait un grand vide. C’était un peu flippant. Pendant trois minutes. La quatrième, je me suis endormie. Et j’ai roupillé jusqu’à 7 heures sans interruption. SANS. INTERRUPTION. Je sais pas si ça a du sens pour toi mais pour moi, ça signifie beaucoup. UNE. NUIT. COMPLETE. La première depuis 19 mois. 580 jours. Minimum.

J’ai failli chialer de bonheur en me réveillant le lendemain à 7 heures, fraîche comme un gardon.

A 8 heures et demi tapantes, mon sweat shirt milkshake et moi, on était ready pour le petit dej. Et laisse-moi te dire à quel point j’affectionne les petits déjeuner dans les grands hôtels. Je crois bien que c’est un de mes trucs préférés au monde, les petits-déjeuners à volonté de qualité.

lovefood

Généralement, je veille à me resservir entre 3 et 12 fois et ça peut durer jusqu’à midi, selon qu’ils proposent ou non des pancakes et du cinammon bread (auquel cas je NE ME CONTRÔLE PLUS). Et ce petit déjeuner là a marqué tous les points, même s’il n’y avait pas de petits pains à la cannelle. Je me suis servie cinq fois je crois, en pouffant à chaque fois que je croisais cette touriste anglaise qui avait mis son t-shirt à l’envers sans percuter aucunement de la présence de coutures sur l’extérieur. J’ai mangé beaucoup de choses très grasses et très sucrées mais j’ai fait comme les blogueuses mode, j’ai fait une photo d’une assiette de petit dej diététique pour faire croire que je suis vegan et que je picore comme un oiseau tellement je fais attention à ma forme et à ma ligne. (Ne me dites pas que vous ne saviez pas que ces filles-là font semblant de manger trois amandes, une demi-pomme et une poignée de muesli alors qu’en vérité, elles s’enfilent une livre de bacon et d’oeufs brouillés hors caméra ?)

breakfast

 

milkshake

J’ai tellement mangé que j’ai fini par prendre peur à la perspective du massage qui m’attendait. Je me suis mis dans un coin de la tête de ne pas omettre de préciser à la masseuse de ne pas trop me malaxer l’abdomen sous peine de régurgitation d’oeufs brouillés et de pancakes imbibés de sirop.

Et devinez ce que j’ai fait après ça ?

Je suis retournée me mettre en peignoir.

Oui.

A ce stade, je m’étais tellement appropriée le peignoir que c’est un peu comme s’il avait fusionné avec mon corps. Le peignoir et moi en totale symbiose. L’esprit thalasso à son paroxysme.

Et de retour au spa, mon peignoir et moi avons eu l’occasion de mener deux nouvelles expériences :

1) Celle du massage intégral. Qui n’a rien à voir avec le strip-tease intégral (non, on ne masse pas cette partie-là, il suffit maintenant). Pendant une heure, on te masse des pieds à la tête. Recto, verso. Du petit orteil jusqu’au sommet du crâne. Avec de l’huile tiède. T’as juste l’impression que tu vas mourir de bonheur, en toute simplicité. Quand ça s’arrête, t’as envie de te jeter aux pieds de la masseuse et de la supplier de te faire une rallonge de dix minutes pour qu’elle recommence à te masser les doigts en te déversant dix litres d’huile tiède sur tout le corps. D’ailleurs c’est pas compliqué, en sortant de là, tout le monde allait prendre une douche sauf moi. Hors de question qu’on touche à mon huile tiède. Never and never. Mon huile, je me la garde, jusqu’à ce qu’elle ait définitivement imbibé tout mon corps, jusqu’à ce qu’elle ait fini d’imprégner chaque pore de ma peau, COMPRIS ? Alors j’ai gardé le teint luisant et le cheveux huileux pendant tout le reste de la journée mais rien à foutre. Ainsi me suis-je découvert une nouvelle passion : l’huile tiède. Je projette de protéger l’ensemble de mon mobilier de bâches en plastique pour pouvoir évoluer dans mon appartement ruisselante d’huile tiède, sans tacher le parquet. En voilà une bonne idée, non ?

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2) Mieux que le massage de 60 minutes, j’ai fait l’expérience du string jetable. Oui, du STRING JETABLE. Car va pas croire que tu te fais masser le corps entier dans ton maillot Decathlon (ça, ça marche qu’avec le bain bouillonnant). Pour profiter des bienfaits du massage holistique, il convient de revêtir ce très joli petit dessous à usage unique que l’on nomme string jetable.

Quand j’ai enfilé le mien, je l’ai trouvé très inconfortable. Ca me cisaillait le berlingot en deux. En revanche, mes fesses le remplissaient bien. Car c’est ce qui arrive quand on met un string à l’envers, un string unisexe, qui plus est. J’ai été trompée par le côté large, censé accueillir aussi bien les petits frifris féminins que les gros paquets de ces messieurs, et je l’ai pas orienté bien comme il faut. Heureusement que je m’en suis rendue compte à temps hein, sinon je te dis pas la gueule de la masseuse en découvrant mon pubis du côté du cul (ou l’inverse). J’ai évité l’humiliation les gars, on peut dire que j’ai eu chaud. Plus jamais j’aurais osé remettre les pieds dans un spa, plus jamais t’entends !

Pour ma défense, je tiens à annoncer que je n’étais pas la seule du groupe à me gourer dans l’enfilage du string en papier, loin de là. (ne m’obligez pas à citer des noms)

Le string jetable, j’ai voulu le garder en souvenir mais je me suis dit que c’était pas correct. Et surtout, que je risquais de m’y habituer et d’y prendre goût. De ne plus jamais laver mes slips en coton mais de me contenter de mettre un nouveau string en papier tous les matins, ce serait tellement commode. Surtout si on étendait ça aux chaussettes jetables. Puis aux vêtements jetables. Et bref, je crois que je tiens un concept là, laissez-moi organiser une opé de comm’ pour demander à des blogueuses de tester mon produit.

Et puis bref, le week-end est arrivé à sa fin. En faisant nos valises, on a fait comme Ross et Chandler, on a pillé la chambre d’hôtel de tout ce qu’il était légitime d’emporter (pas les ampoules ni les peignoirs, et Dieu sait si on a lutté pour se séparer des peignoirs) (le stylo, le savon, le mini-shampooing et le bonnet de douche > OUI).

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En revanche, on n’a pas pris de pomme granny smith à la réception.

On a chacune payer nos extras, la réceptionniste nous a rendu deux euros septante-sept à chacune, et le week-end s’est achevé là-dessus.

Septante-sept.

Septante-sept.

Septante….

Pardon. J’arrive pas m’en empêcher.

Evidemment, tout cela n’aurait pas été possible sans :

La fille Menthe à l’eau qui a tout organisé et qui m’a choisie parmi tant d’autres pour faire partie du périple (est-ce ma faute à moi si je suis plus cool que les autres ?)

Monique Bacon à qui l’on doit toutes les photos réussies de cette page (les photos ratées sont de moi).

Marie Perarneau, Sabine et Fouilli, fidèles acolytes qui n’ont pas voulu figurer sur les photos (elles ont dit « Ecoute, on est trop bonnes, on veut pas dégoûter tes lectrices« ).

Et bien sûr, Allo-Thalasso et son community manager qui est un chic type. ❤

Et surtout, un grand merci à :

Joe Dassin.

joe-cat

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