Conan & Elsa & Poe & Leïa

Je crois que 2016 commence plutôt pas mal. Et je ne dis pas seulement ça parce qu’aucune personne n’a osé me faire le coup de la rime salace.

J’aimerais bien pouvoir dire que de toute façon, ce ne sera pas pire que 2015, histoire de faire un peu comme tout le monde. Mais hey, je pense m’être suffisamment fendu la gueule en 2015 pour décider de passer l’éponge sur ces moments un peu down. Alors au diable les cinq kilos pris sous l’effet d’une dépendance diabolique aux confiseries Reese’s et aux Pepito. Au diable aussi mes menaces de divorce et de je-vais-tout-plaquer-pour-vivre-dans-un-ashram-pourvu-d-une-bonne-connexion-wifi (je n’ai aucune crédibilité, tout le monde sait que je ne quitterai jamais un vieux mari aussi sympa même s’il passe le tiers de son existence à jouer à Hearthstone). Au diable les semaines passées dans mon lit avec la santé en vrac, les bronches décrépies ou l’utérus tout ensanglanté.  Bref, au diable les moments un peu à chier, et retenons que dans l’ensemble, 2015 nous aura bien fait rigoler, sans ironie aucune.

Les premières minutes de 2016 ont été marquées par un formidable échange de cadeaux au cours duquel j’ai reçu mon premier pack de survivaliste, je ne vois pas comment une année pourrait démarrer mieux que cela. Je suis donc désormais l’heureuse propriétaire d’un beau couteau tranchant assorti à la couleur d’une petite tasse émaillée, d’une pierre à feu, d’un gobelet rétractable en silicone, d’une couverture de survie et de tout un tas d’autres trésors inouïs qui me permettront, qui sait, de survivre à l’apocalypse pendant que vous, vous en serez déjà à faire pique-nique-douille pour savoir lequel de vos enfants dévorer en premier. Et moi j’en dis qu’une année qui commence ainsi, avec des gens qui s’offrent des sacs à dos étiquetés d’un patch de leur groupe sanguin, c’est une année qui promet d’avoir de la gueule.

Le premier janvier, pour fêter ça, j’ai décidé de regarder Conan le Barbare en famille. C’était la quatrième fois qu’on regardait Conan depuis le début des vacances de Noël, mon vieux mari commençait à en avoir légèrement plein le cul, mais je lui ai dit que s’il m’empêchait de regarder Conan je l’enverrai réfléchir sur l’arbre du malheur et il n’a pas osé me contrarier davantage (d’ailleurs depuis le temps que j’en parle, il est temps que je plante un arbre du malheur dans mon jardin). J’avais bon espoir pour que Valeria détrône enfin Elsa d’Arendell dans le coeur de ma fillette de trois ans mais vous savez ce que c’est, on ne remplace pas si facilement une pimbêche capable d’ériger un château de glace en claquant du talon droit, même si l’on combat les esprits du royaume des morts. Je soupçonne la robe bleue à paillettes d’y être pour beaucoup ce qui est fort injuste car Valeria, elle, ne chante pas à tue-tête d’insupportables refrains, ce qui lui donne un réel avantage. Quand le film fut fini, j’ai demandé aux enfants quelle était leur scène préférée de Conan et la môme a attendu que sa poupée Elsa ait fini de chanter « Libérée délivrée » en Espagnol pour la quatre-cent-douzième fois de la journée avant de dire : « Quand la mère de Conan se fait couper la tête« . Hey, quand je vous dis que 2016 est une année prometteuse !

 

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Il ne manque plus qu’Olaf et Sven dans ce charmant paysage enneigé

Le lendemain, j’ai eu un nouveau chat. Ca m’en fait trois. J’avais déjà une chatte noire sévèrement acariâtre, que je soupçonne de plus en plus fortement d’être possédée, et un chat mi-roux mi-moche complètement dépressif qui nous ruine en calmants et en diffuseurs de phéromones, et qui malgré cela, miaule environ vingt-deux heures par jour. Maintenant, j’ai donc également un beau chat de race qui a l’air normal et que j’ai appelé comme une princesse rebelle. Ca nous fait tout bizarre d’avoir un animal aussi beau et aussi équilibré à la maison, vu qu’ici on est habitués aux animaux moches ayant un pète au casque et que chez nous, c’est un peu une succursale de la SPA (dites-vous bien que j’en suis au stade où des gens que je ne connais pas se refilent mon adresse mail pour me fourguer leurs lapins dépressifs) (et que cet été, je me suis fait refiler un bouc) (un BOUC putain !). Dorénavant,  on me demande régulièrement si j’ai pas honte d’avoir sur mon canapé un animal qui coûte le PIB d’Haiti mais hey, est-ce que je la ramène moi sur vos séjours à San Francisco ou sur vos sacs de luxe achetés en dix fois sans frais ? Et puis qu’importe, il est tellement mignon mon nouveau chat de blogueuse lifestyle. Quand il vient se pelotonner tout contre moi pour que je le berce comme un bébé,  je suis à deux doigts de nous faire une montée de lait. Hé, sans rire, j’ai vu un jour un docu sur une tribu indienne ancestrale dans laquelle les femmes allaitent les animaux, alors je vois pas où serait le problème si je décidais de donner la gougoutte à mon chat (si ça se trouve je ferais des émules et le mouvement détrônerait le bébé lotus des forums Doctissimo). Bon ok, j’ai aussi lu un article sur deux Suédoises privées du droit de détenir des animaux domestiques pour avoir allaité leur chaton, donc bon, ça fait réfléchir hein. Mais en vérité je vous le dis, si je ne me ressaisis pas très vite, je risque de finir éleveuse de chats ou d’ouvrir une chatterie. Ou plus simplement, vieille folle aux chats et aux cheveux gras.

 

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Regardez ce port de tête, on dirait un peu la Sissi impératrice des chats

Et puis le jour suivant, je me suis réveillée toute enjouée après avoir rêvé que je roulais des pelles à Poe Dameron. Oui, je suis comme ça moi, je rêve qu’on m’embrasse sur la bouche et j’ai même pas besoin de coucher avec les pilotes de l’alliance rebelle pour vivre un fantasme onirique époustouflant. Je suis une fille simple. Et légèrement fleur bleue. Arrivée à ce troisième jour de l’année, j’étais donc plutôt contente et optimiste pour les jours, les semaines, voire – soyons foufous – les mois à venir. Rien n’aurait pu entacher ma bonne humeur, rien je vous dis, pas même une mycose vaginale. Et j’avoue que j’en suis toujours un peu à ce stade.

 

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Baisse ton flingue, Poe. C’est moi, Evelyne.

Bref, ce débordement de bonne humeur est sans nul doute dû à l’effet début d’année qui me donne à chaque fois l’impression de fouler une neige encore vierge en m’émerveillant de la régularité de chaque trace laissée derrière moi. Evidemment, au bout d’un moment, la neige se transforme en gadoue et très vite, plus personne n’a envie d’y mettre les pieds tellement c’est le merdier. Mais gageons que 2016 échappera à cette triste fatalité.

 

 

EDIT : Au fait, comme vous l’avez remarqué, le blog est repassé en libre accès. C’est cela aussi, la magie de la nouvelle année. L’expérience du blog réservé aux abonnés a eu ses très bons côtés mais la plateforme d’abonnement ne tient vraiment pas la route et a valu à certains de petites contrariétés  – prélèvements à date irrégulière, frais bancaires liés aux transactions en dollars -dont je préfère les dispenser. Du coup, tout le monde y gagne puisque ça redevient free like a river. Ceux qui m’ont reprochée de réduire le pouvoir d’achat des pauvres français vont enfin pouvoir re-manger à leur faim, eux qui ont dû faire un choix entre lire mon blog et faire leurs courses, et je suis d’avance très contente de contribuer à leur ré-alimentation. Mais tout de même, je regretterai les bons côtés de cette formule de blog réservé aux abonnés. Je regretterai tous les chouettes mails envoyés par des gens qui me lisent depuis des années et qui, se sentant soudainement membres d’une espèce de cercle exclusif, ont enfin osé se manifester et me parler d’eux. J’ai bien aimé ces échanges-là et j’espère qu’il y en aura encore malgré tout. J’ai bien aimé cette ambiance vachement plus conviviale et les très nombreux échanges de mails avec les lecteurs. J’ai bien aimé aussi pouvoir me payer le luxe d’écrire sans avoir à me demander combien de voyeurs inopportuns allaient se précipiter sur ces chroniques pour savoir ce que je fais, ce que je deviens, si j’ai pris dix kilos après une dépression, si j’ai trompé mon mec ou vendu ma maison. Les médisants, les absents, les ex rancuniers, les amis-qui-n-en-sont-plus, les pas foutus de passer un coup de fil mais qui à côté de ça se nourrissent du moindre détail de votre existence, et puis tous les autres, eh bien ces gens-là, ça me faisait plutôt du bien qu’ils n’aient plus accès à quoi que ce soit. Mais hey, c’est le jeu ma pauvre Lucette et ce débat-là est vieux comme le monde ou du moins aussi vieux qu’internet.

Alors voilà, plus d’abonnement, tout redevient gratos pour tout le monde (même pour les méchants). Je mettrai en place une cagnotte pour ceux et celles qui souhaiteraient soutenir le blog de temps en temps ou rien qu’une fois. Parce qu’on sait tous à quel point ça fait du bien de se sentir parfois soutenu. Et moi j’accepte tous les soutiens, qu’ils soient à base de thune, de compliment ou de pots de confiture. Ceux qui voudront rien donner ne donneront rien, on les aimera quand même. Ceux qui voudront filer un ou deux balles de temps en temps sans se sentir spolié pourront le faire, un peu comme cette fois où j’ai filé trois balles à un type qui jouait du violon sur le trottoir, entre la terrasse d’un bistro et une baraque à frite. Pile au moment où je me suis arrêtée devant lui, il a commencé à jouer La Mer, imaginez, c’est comme si le type avait deviné d’un coup d’oeil que c’était ma chanson préférée au monde. Et moi j’ai trouvé ça tellement beau, qu’on me joue La Mer, comme ça, gratuitement, qu’on fasse pleurer mon coeur de jeune fille sur un morceau de trottoir dans des effluves de frites grasses, que j’ai été bien contente de lui filer ce que j’avais dans mes poches. Bref, je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte ça, peut-être parce que j’ai une tendance à parler beaucoup trop mais hey, toujours est-il que moi, je me comprends.

Voilà les enfants, enjoy la gratuité mais je vous préviens, ne venez pas râler si je n’écris pas assez.

 

 

 

8 thoughts on “Conan & Elsa & Poe & Leïa

  1. Eve, (oui je me permets de t’appeler Eve c’est la magie de l’Internet où on tutoie des gens et où on les appelle par leur prénom alors qu’on ne les a jamais rencontrés en vrai dans la vraie vie) (si tu veux tu peux m’appeler Cécile, voire Cec vu que c’est le diminutif que les gens donnent à mon prénom) (après j’arrête avec les parenthèses relou promis), Eve donc, je fais partie du troupeau de ceux (la majorité?) (et merde j’ai replongé…) qui ne t’avaient pas suivi sur la plateforme d’abonnement. Pas parce que j’avais trouvé ta décision scandaleuse, pas non plus parce que j’avais mieux à faire qu’à dépenser trois francs six sous (#vintageexpressioninside) dans un abonnement à ton blog, mais plutôt par une espèce de flemme intergalactique de faire la démarche de. C’est sans doute pire que tout le reste en fait. Mais bon. Parce qu’en plus je fais partie de ceux qui estiment que l’écriture est un art des plus nobles et que mince, je vois pas pourquoi on (est un con) devrait pouvoir accéder à tous ces mots gratuitement parce qu’à la fin tout nous est dû quoi. Tu vois, ayant fait l’acquisition récemment d’une liseuse électronique je n’ai toujours fait qu’acheter sagement (et légalement) des bouquins (pas toujours bons mais hey, tout le monde peut se tromper!) sur la boutique en ligne de la marque de la-dite liseuse. Et je ne comprends pas tous ceux qui cherchent absolument et à tout prix (à prix nul en fait) à dégoter leur livre préféré en téléchargement gratuit sur le formidable Internet parce que dépenser 10 balles dont une proportion (certainement trop faible peut-être, après tout je ne m’y connais pas bien en maison d’édition) sera reversée à l’auteur qui a sué pour nous transmettre son histoire, sa vie et ses tripes, c’est trop pour eux. Cela dit j’ai l’air de quelqu’un de bien et d’honnête comme ça mais en vrai je n’agis pas de la même façon pour les films ou les séries… Ambivalence? Ambiguïté? Ambidextre. Ah non ça n’a rien à voir.
    Ce commentaire le plus long et le plus décousu (pourtant j’ai même pas bu!) (la bière ça compte?) de l’histoire de ma carrière de followeuse de blog pour te dire que ça fait quand même bien plaisir de te relire par ici. Et si tu es arrivée à la fin de ce commentaire sans queue ni tête (dejà bravo!) et que tu veux en savoir plus sur moi, hé bien je te dirais que j’ai commencé à te lire après l’article où tu racontais ta croisière en Norvège/Suède (putain je ne sais même plus exactement…) et que je m’étais drôlement fendu la gueule. Et que j’avais sans doute atterri là, par des chemins tortueux dont je ne me rappelle plus, parce que moi j’habite en Finlande (oué il fait encore plus froid que par chez toi) depuis maintenant 3 ans et demi. Que j’y élève mes deux affreux avec en plus l’envie de contribuer encore à la surpopulation mondiale avec un petit dernier. Et que depuis que je te suis j’ai toujours ri (éclaté de rire serait plus juste) à la lecture de tes articles, j’ai toujours apprécié ta « plume » comme on dit et que la seule jalousie que j’aurais pû développer c’était celle de ne pas avoir ton don pour faire chanter les mots comme tu le fais. Mais en fait non la jalousie c’est pas mon truc (en plus c’est pas joli) et je crois qu’en fait ce que je ressens ça s’appelle l’admiration. Alors merci pour ça, vraiment.
    Et quand est ce que tu publies ton prochain article, merde? (Oh ça va on peut rigoler…)
    Cécile

  2. T’ain ! t’as du vrai papier 70’s dans ta maison ! Trop d’la balle (comme on disait naguère).
    Tu as eu mon petit cadeau collector pour Noël ?

    • Oui mais juste sur un mur car le papier était vraiment trop cher et moi vraiment trop pauvre. Merci pour le chouette stylo Elvis, je voulais profiter des voeux pour te remercier mais je suis à la bourre sur mes cartes – et sur tout le reste – cette année. Mais hey, comme disent les mémés, on a jusqu’à la fin du mois pour souhaiter ses bons voeux !

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