Of books and men

J’ai presque du mal à croire qu’il n’y a pas si longtemps, je frôlais la crise d’épilepsie si j’apprenais que mon samedi soir devait se passer à la maison à ne rien faire plutôt qu’à boire des bières américaines dans des bars, transpirer à un concert,  faire une bouffe chez des copains ou regarder un mauvais film en 3D dans une salle de cinéma qui sent le pop corn et le vieux pet.

Désormais, si aucun message ne s’affiche sur mon téléphone pour me proposer de sortir de chez moi en fin de semaine, je pousse des cris de joie et je cours enfiler un short, un vieux sweater et mes chaussettes d’intérieur à pompons, et je fais la danse de la joie dans mon salon en me demandant quels livres je vais bien pouvoir lire entre deux théières de genmaïcha, ou bien quelle rediff de film déjà vu 176 fois je vais bien pouvoir me payer, en mangeant des fraises à la crème sous une double couche de plaids. En ce moment par exemple, je n’arrête pas de regarder Robin des bois prince des voleurs et je suis à deux doigts de me faire fabriquer un t-shirt « Et applique-toi canaille, que je reste beau ! », que je ne mettrai pas seulement pour dormir mais surtout pour avoir l’air classe en société (les t-shirts à références que personne ne comprend = ma passion numéro 172, juste après classer mes slips par thèmes).

rickmann

Et quand je ne regarde pas en boucle mes films préférés des années 90, je lis des livres pour ado et je trouve ça au moins aussi bien que les t-shirts à messages d’initiés ou les culottes Snorky.

Il y a deux ou trois choses que vous devez savoir sur mes manies en matière de livres :

Pour commencer, je suis une snob mysophobe qui n’emprunte jamais aucun livre de bibliothèque ni ne lit aucun livre de prêt.

Mon vieux mari dit qu’il faut soit que j’arrête de me prendre pour une millionnaire et de claquer un demi salaire en bouquins tous les mois, soit que j’arrête de lire aussi vite que je le fais et que je fasse durer les livres pour que ça nous coûte moins cher. Moi je me défends en disant que la lecture est une saine activité et je le menace de remplacer mon addiction aux livres par une autre passion encore plus onéreuse (et bête, pour le coup), comme la fréquentation assidue des salons de beauté où je me payerais des manucures hebdomadaires à 60 boules (sans oublier les ongles des pieds), et le débat est clos.

De toute façon, je n’y peux rien moi, c’est quasi une maladie. Je ne peux pas lire un livre qui soit passé par d’autres mains et les rares fois où je le fais (quand je tiens absolument à lire un titre qui n’est pas réédité et qu’on ne trouve qu’en occasion), je prends vachement sur moi et je suis obligée de conclure ma lecture par une douche complète au Septivon. Je me mets à imaginer tous ces précédents lecteurs qui ont lu ledit livre en se mettant un doigt dans le nez (ou pire, dans la raie des fesses), qui on éternué sur leurs pages, qui l’ont bouquiné aux toilettes tout en faisant popo, qui ont tourné la page après s’être recouvert l’index de salive ou que sais-je encore, et d’un coup d’un seul, je pique des crises de panique dont je ne viens à bout qu’en reniflant l’odeur d’un livre neuf. Et si en plus je me mets à repenser à cette étude scientifique qui révèle des traces de cocaïne sur la  totalité des livres de bibliothèque, c’en est fini, me voilà achevée (et on ne parlera même pas des traces d’herpès sur les exemplaires de prêt de Cinquante nuances de Grey).

Ensuite, il faut savoir que je ne prête pas mes livres, sous aucun prétexte.

Plutôt crever.

C’est comme ça, je suis re-snob et cette fois, sans coeur de surcroît. Du coup, beaucoup de gens prétendent que je ne suis pas une vraie amoureuse des livres car si tel était le cas, je devrais être naturellement désireuse de partager mes lectures avec les autres en étant plus partageuse. Mon cul. En ce qui concerne les livres, je suis comme la fourmi, pas prêteuse, c’est là mon moindre défaut, jugez-moi si vous le voulez (déjà que vous me jugez parce que j’aime Partenaire Particulier au premier degré, je ne suis plus vraiment à ça près). Mes livres, je ne les prête pas pour tout un tas de raison, à commencer par ces histoires d’herpès et de cocaïne mais aussi parce que d’expérience, je sais qu’il y a environ 70% de chances pour que je ne revoie jamais mon bouquin étant donné que les gens ont cette fâcheuse tendance d’emprunter sans jamais rendre. Et ça, ça me fout dans de tels état de rage que je serais prête à découper des gorges avec les dents pour un livre non rendu (ou pire, rendu taché). Alors voilà, c’est bien d’avoir connaissance de ce true fact et d’ailleurs, je pense que tous mes amis devraient vraiment le savoir, ça évitera ces malaises à répétition quand les gens sortent un livre de ma bibliothèque en s’écriant  « Han génial, tu l’as ! Tu m’le prêtes ? » et que je réponds « Non » avec les yeux du démon (pour l’ambiance, je me mets 1).

Dernière chose qui me caractérise : je suis une cible marketing idéale pour les maisons d’édition.

Sitôt qu’un de mes livres préférés sort en belle édition limitée, je l’achète directement, et tant pis si j’oserais jamais le lire de peur d’abîmer les pages. Je me dis que ce sera l’héritage de mes enfants et je fais semblant de ne pas voir la triste réalité, à savoir que ces petites ordures n’attendront même pas que mon cadavre soit froid pour les revendre trois francs si sous sur Le bon coin. Là par exemple, je suis en train de me faire toute la collection des Harry Potter en beaux livres (et tant pis si on les a déjà tous en deux exemplaires), à 30 balles le livre, quelle arnaque tout de même. Je m’en paye un par mois seulement et je m’offre par la même occasion une petite dose de nostalgie car ça me rappelle l’époque où mes parents achetaient des collections de livres à des vendeurs en porte à porte et qu’on en recevait un ou deux exemplaires par mois (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai lu tous les livres de la Comtesse de Ségur et ce bon vieux temps me ferait presque regretter les vendeurs de livres qui se pointent devant votre porte avec des mocassins à glands et un attaché case en skaï).

Mon autre truc, c’est aussi d’acheter des bouquins seulement parce que la couverture est chouette. Et dans ce cas, je fonctionne un peu comme une fillette de 4 ans devant un stand de sandalettes : je vais systématiquement être attirée par les plus brillantes, les plus flashy, les plus colorées et les plus racoleuses. Tenez, c’est con mais je me suis mise à lire de la SF, quand j’étais ado, parce que j’adorais la collection Robert Laffont avec ses couvertures toutes argentées et pleines de formes géométriques. Et dans le fond, j’ai bien fait parce que je n’aurais jamais lu des trucs aussi géniaux que le cycle du Chant de la Terre si je n’avais pas été captivée par ces couvertures hypnotiques.

Et bref, les choses n’ont guère changé et je fonctionne toujours un peu de la même manière, me mettant principalement en quête d’une couverture cool avant même de m’intéresser à la quatrième de couverture. Et comme j’ai recommencé à fréquenter les librairies physiques depuis peu (comme je l’ai déjà dit, depuis que je suis expatriée dans la cambrousse, je recours aux facilités des librairies en ligne), j’ai découvert des trucs dont j’avais pas idée. Oui je sais, je suis mignonne hein, on pourrait presque me traiter de candide ou d’ingénue si j’avais pas le look d’Alice Sapritch rescapée d’un squatt et affichant un désormais engouement pour les t-shirts ridicules.

Toujours est-il qu’en redécouvrant les librairies, j’ai découvert un rayon que j’avais drôlement négligé jusqu’alors, celui de la littérature young adult qui est une sorte de Disneyland des livres à couvertures vraiment trop cool.

Alors voilà, on y arrive, le thème de ce post n’est autre que la littérature jeune adulte à laquelle je suis en train de devenir complètement accro, comme une petite midinette. Les samedis après-midi, je me ballade dans le rayon des livres pour ados au milieu d’adolescentes en Stan Smith qui achètent des bouquins sur les vampires ou la vie lycéenne, et j’ai même pas honte. J’aimerais bien vous dire que ce rayon-là c’est pour les bébés et que moi, je lis la collection blanche ou rien, mais d’la merde ouais, faudrait me payer cher pour que j’achète un roman des Editions de Minuit alors que pour le même prix, j’ai un roman ado avec une couverture en hologramme. En hologramme putain !

Depuis que j’ai découvert cela (après tout le monde, comme toujours), j’essaye de convaincre mon ado de lire enfin en lui montrant tous les livres cool auxquels elle a accès, et je lui raconte que moi à son âge, j’étais obligée de lire les grands classiques de la bibliothèque municipale avec leur couverture moche plastifiée (et leur cocaïne au coin des pages). Mais rien n’y fait. Alors tant pis, je les achète pour moi en espérant que cela lui donnera un peu en vie s’y mettre même si j’y crois moyen.

Alors voilà, j’ai eu envie de parler de deux cool livres  que j’ai eu l’occasion de lire récemment et que j’ai trouvé chouettes et re-chouettes au point de croiser les doigts pour que les auteurs respectifs pondent une suite (ce qui par chance, s’avère être le cas).

J’ai commencé par Immaculée de Katelyn Detweiler et évidemment, j’ai acheté ce livre principalement pour deux raisons : 1) Sa jolie couverture poétique (j’ai toujours eu un faible pour les photos de jeune fille couchée dans l’herbe fleurie) 2) Son sous-titre que j’ai trouvé un peu nul et captivant à la fois. Et aussi un peu parce qu’il y est question d’immaculée conception et que cette notion m’a fascinée durant toutes mes années de catéchisme au point que j’espérais être à mon tour inséminée par la volonté divine, comme la vierge Marie (alors qu’en réalité, je l’ai été par des types plus ou moins douteux) (toutes ces années de catéchisme pour rien, ouais).

 

immaculee

Immaculée est l’histoire de Mina, une jeune fille de 17 ans qui se retrouve enceinte. Elle est une élève modèle, populaire, heureuse et équilibrée, qui a une famille aimante, une jolie maison, des amies fidèles et un petit ami génial et beau et intelligent avec peut-être aussi un gros kiki mais ça, elle ne le sait pas, vu qu’ils n’ont jamais couché ensemble. Parce que oui, voilà qu’un beau jour, dans la pizzeria où elle travaille, se pointe une vieille femme qui prétend connaître Mina et qui lui parle de son enfant. La conversation ne dure que quelques secondes et la femme disparaît de façon inexpliquée, mais cela suffit à déstabiliser la jeune fille qui n’aime guère voir des inconnues prétendre la connaître et lui balancer de drôles de trucs sur son soit disant enfant. Toujours est-il que quelques semaines plus tard, Mina s’aperçoit qu’elle attend bel et bien un bébé et que, repensant à l’épisode avec la vieille femme, elle comprend être tombée enceinte par une sorte de volonté divine.

Comme on s’y attend, la nouvelle se répand dans son lycée puis dans sa ville et l’opinion se scinde en deux. D’un côté, ses ennemis qui la harcèlent, la menacent et l’humilient quotidiennement, en prétendant qu’il est honteux d’essayer de camoufler son statut de petite traînée sous des airs de Sainte Vierge, et de l’autre, ses quelques soutiens, certains membres de sa famille et ses rares amis qui font le choix de la croire et qui l’accompagnent tout au long de cette grossesse hors norme.

Dit comme ça, ça à l’air un peu cucul la praline mais j’ai vraiment passé un bon moment de lecture avec ce livre que j’ai enquillé en une journée tellement j’ai trouvé ça captivant. La fin du roman n’est que le début d’une nouvelle aventure et sitôt achevé, on attend avec hâte d’attaquer la suite (dont la sortie n’est hélas pas prévue avant la fin de l’année). C’est un cool roman pour ado, qui traite de tout un tas de sujets qui les touchent directement (la réputation des filles qui ont une vie sexuelle au sein du lycée, le harcèlement via internet…) et aussi pour les vieilles mères au foyer de 35 ans qui ont trop été au catéchisme (notez qu’à onze ans, je voulais être bonne soeur et voir la Saint Vierge m’apparaître comme Sainte Thérèse de Lisieux). Et pour tous les autres je pense. Bref, lisez-le, c’est vraiment pas mal (en tous cas moi, j’ai aimé « plus plus » » comme disent les jeunes) (quoi, les vôtres ne disent pas ça ?).

Je suis ensuite tombée sur ce bouquin dont le titre m’a parlé direct, en moins de quatre secondes : Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs. Et je parie que vous l’avez tous déjà lu vu qu’il est sorti y a déjà plusieurs années mais hey, arrêtez de m’en vouloir d’être autant à la ramasse sur l’actualité, depuis que j’élève des lapins et des abeilles à la campagne, je ne suis plus jamais au courant de rien (d’ailleurs est-ce que quelqu’un voudrait bien me dire si le fuseau en velours et le chouchou dans les cheveux sont redevenus à la mode ou toujours pas ?).

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J’ai bien aimé sa couverture mystérieuse avec une petite fille qui ressemble aux jumelles de Shining, en moins flippante ma foi, et puis bien sûr, j’ai tout de suite adoré le pitch.

Jacob a un grand-père qui lui a souvent conté son enfance d’enfant juif réfugié dans un orphelinat et qui l’a toujours abreuvé de souvenirs d’enfance totalement fantasques et merveilleux. Il lui a ainsi très souvent parlé de ces monstres qu’il devait fuir, et de l’orphelinat perdu sur île, dans lequel il vivait avec d’autres enfants extraordinaires. L’un d’eux avait une bouche derrière la tête, le second était capable de léviter, celui-ci était invisible quant à cet autre, il avait des abeilles qui vivait dans son ventre. Jacob a toujours écouté les histoires du vieux Abe sans leur accorder aucune authenticité, en dépit des photos que le vieil homme lui avait montré un jour, de grotesques montages, des photos surexposées montrant ces enfants prétendument merveilleux.

En vieillissant, Abe sombre peu à peu dans une étrange paranoïa, craint la venue des monstres, devient obsédé par la nécessité de se défendre, collectionne les armes, et sa famille s’inquiète pour ces folles histoires et obsessions qu’elle incombe à une quelconque pathologie liée à son grand âge où à l’émergence de douloureux souvenirs de son histoire familiale. Pourtant, un soir, Jacob reçoit un appel de détresse de son grand-père : les monstres sont là, ils sont venus pour lui. Jacob se précipite chez lui où il constate sa disparition puis son décès et où il se retrouve confronté à l’un de ces fameux monstres tant redouté par son aïeul.

Dès lors, le jeune Jacob tombe à son tour dans une sombre dépression doublée de violents accès de paranoïa, se mettant lui aussi à craindre ce monstre qu’il a vu de ses yeux et vivant désormais reclus, dans une peur permanente. Tentant d’échapper à ses névroses par le biais d’une thérapie, Jacob reçoit l’appui de son psychiatre lorsqu’il lui émet son projet de retrouver l’orphelinat où aurait grandi son grand-père, afin de voir si tout cela aurait réellement exister. Le voilà donc parti à la recherche du mystérieux orphelinat de Miss Peregrine et de ce que sont devenus les fameux enfants particuliers.

Franchement, lisez-le. C’est vachement bien. Il y est question d’enfants fantastiques dotés de pouvoirs inouïs et poétiques, de boucles temporelles où l’on vit un jour sans fin, de démons ancestraux avides de chair humaine, d’histoires d’amour contrariées, et tout ça est si joli et si captivant à la fois, que ce serait vraiment dommage de ne pas le lire. En plus, pour rendre l’histoire encore plus vivante et captivante, l’auteur a illustré son livre de toute une collection de photos anciennes que l’on découvre au même rythme que le héros et ça, c’est vraiment cool.

Donc voilà, j’espère que vous aurez envie de lire ces deux livres-là, et pas seulement pour la couverture. Je continue sur ma lancée avec une prochaine chronique de livres young adult pour la semaine prochaine et entre temps, il se pourrait bien que je revienne avec des guerriers des Highlands en kilt, à qui on a envie de dire des cochonneries en gaélique, et avec un cadeau à gagner (punaise, je deviens une vraie blogueuse). Fans d’Outlander, stay tuned, bientôt des cadeaux Jamie Fraser à gagner. Soyez prest.

 

Acheter Miss Peregrine et les enfants particuliers et Immaculée en cliquant sur l’image :

                 

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tipeee

8 thoughts on “Of books and men

  1. Mais… Euh… L’imprimeur, l’éditeur, le transporteur, le libraire… ils sont tous sous vide ?
    La seule solution c’est l’ibouque (et encore, va savoir quelle cochonnerie a mangé le petit chinois qui a collé ton écran ; bref, on n’est pas sortis de l’auberge).

    • L’e-book, j’ai essayé, je n’y arrive pas, rien à faire. Aucun plaisir à lire sur un écran, je suis décidément très vieille école.

    • Ouais t’as vu. Je sais pas si je dois avoir honte ou pas. #vismaviedefemmeaufoyerenmanquedecreativite

  2. Je suis tout à fait d’accord pour le second livre, Miss Peregrine et les enfants particuliers : c’est vraiment captivant. Et puis, quel bel objet ! J’ai craqué, moi aussi, pour la couverture à la base 😀
    Le problème, c’est que depuis que Tim Burton a annoncé son adaptation au cinéma, on voit apparaître plein de gens qui n’ont aucune connaissance du livre et qui pensent que c’est une histoire originale du monsieur… Je trouve toujours ça super triste pour l’auteur. Du coup, quand je croise des gens de ce genre, je peux pas m’empêcher de le leur faire remarquer un peu sèchement.

    • Je suggère qu’on se fasse faire des t-shirts « Le livre est mieux » (qui sera valable pour beaucoup d’adaptations, d’ailleurs).

      • Je plussoie l’idée ! 😀
        Ah et, j’ai oublié dans mon précédent commentaire mais coup de cœur pour la petite fille à barbe dans le cadre. Elle a un petit côté fille cachée de Tyrion Lannister, c’est très… étrange et fun 😀

      • Elle fait partie de ma collection personnelle de photos de femmes à barbe (mes enfants sont convaincus que ce sont des hommes qui portent des robes, un jour il faudra que je leur explique). 😉

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