Back from the grave

Pour sûr, cela faisait un bail que je n’avais pas traîné mes chaussettes à pompons jusqu’ici.

Il faut dire que j’ai eu tellement de petites et grandes contrariétés à gérer, ces derniers temps, que j’ai laissé bien des choses en plan, y compris ce blog (et mon épilation des aisselles). Pour vous la faire courte, nous dirons que je suis comme Conan et que j’ai ramené la fille du roi Osric chez elle. Ayant accompli ma mission, je suis repartie avec mes compagnons en Ouest, où j’ai dû affronter de nombreuses querelles et de nombreuses guerres. Mais contrairement à lui, mon nom n’a pas été et ne sera jamais couvert d’éloges et d’honneurs et je ne deviendrai pas reine de mes propres mains, c’est dire si ça valait le coup de se faire chier. Mais bon, ceci est une autre histoire.

En bref, au lieu de la fille du roi Osric, c’est ma propre fille qui m’a donné du fil à retordre même si, par chance, elle n’est pas devenue adepte de la secte adoratrice du Dieu serpent. Et à vrai dire, j’imagine qu’il fut finalement plus simple de lutter contre un décrochage scolaire plutôt que d’affronter Thulsa Doom, même si, en vérité je vous le dis, le homeschooling avec un ado, ça n’est pas aussi simple ni aussi Montessori que ce qu’en disent les blogs de mamans américaines. Anyway, après cinq mois intensifs d’école à la maison, après une inspection académique qui s’est conclue par un très bon rapport et un retour au collège en bonne et due forme, on peut dire que j’ai accompli ma mission et que je vais pouvoir de nouveau penser un peu à moi et recommencer à avoir des projets, comme par exemple m’épiler régulièrement ou parler avec des adultes autres que les caissières du Lidl.

Cela dit, n’allez pas croire que je n’ai fait aucun truc cool au cours de ces derniers mois. J’ai réussi à trouver le temps de suivre une formation d’éleveur et de monter enfin mon petit élevage familial de Maine Coons (vous savez à quel point je les aime, ces petits enfoirés qui vomissent sur tout ce que je possède et font pipi sur les taies d’oreiller). Et même si c’est vraiment un travail de chien d’élever des chats (huhuhu), le bonheur de voir naître une horde de chatons mignons, de leur donner des noms géniaux que seuls les initiés comprennent et de les voir envahir la maison de leur jeux, ça vaut bien toutes ces litières vidées. Disons qu’en contrepartie d’un stress de tous les instants, dû à la gestion de quatre enfants dont une ado déprimée déscolarisée, et d’une mémé pas toujours de bonne humeur, j’ai quand même pu évacuer mon ras le bol et me ressourcer en faisant des pogos avec les chatons, et ça c’était vraiment plus cool que tout.

Bon ok avec autant de chatons à la maison on ne peut pas toujours s’asseoir maisest-ce qu’on peut vraiment leur en vouloir de prendre toute la place quand on voit leur petite trogne géniale ?

Lui par exemple, je l’ai appelé Madmartigan et seuls les vrais peuvent mesurer la coolitude de ce nom.

Elle, je l’ai appelée Minerva mais au lieu de saluer la référence littéraire, les gens pont cru que je lui avais donné un nom de pilule contraceptive.


Et puis bon, j’ai pas fait que des trucs merdiques depuis tout ce temps, j’ai quand même fait quelques trucs chouettes. Comme m’acheter de nouveaux t-shirts de films dont un nouveau t-shirt à citation des Dents de la Mer qui est devenu mon nouveau t-shirt préféré. Ou découvrir le jean taille haute qui comprime harmonieusement le gras au lieu de t’affliger d’un disgracieux bourrelet. Du coup les gens me félicitent pour ma perte de poids et moi je remercie poliment en n’osant rien dire, s’agirait pas qu’ils percutent qu’ils sont victime d’une parfaite illusion d’optique due au miraculeux jean taille haute qui répartit harmonieusement le gras du ventre. J’ai aussi lu beaucoup – même si je n’ai pas eu le temps d’en parler ici – et j’ai gratifié trois livres de la note maximale de trois coeurs teintés de rouge sur ma liste de lecture 2017. J’ai re-déménagé toutes les pièces de la maison pour la 43 ème fois environ mais cette fois-ci, c’est la bonne. J’ai repris la correspondance à l’ancienne et ça me détend drôlement de m’asseoir à mon bureau et de choisir entre 117 washi tape de petite névrosée pour décorer mes courriers. J’ai joué du piano pendant des dizaines d’heures pour n’arriver qu’à un niveau très médiocre mais qu’importe, je sais maintenant jouer Les Yeux revolver, c’est un peu comme si j’avais atteint le but de mon existence.

J’ai aussi fait des trucs moins cool comme faire une coloration du commerce supposée colorer mes cheveux en châtain clair. Sauf qu’au final, j’ai fini avec les cheveux tellement noirs que ça en filait le vertige. Et puis bien sûr, comme une connerie ne vient jamais seule, j’ai voulu rattraper le coup toute seule, avec une autre coloration qui a tout simplement fini de m’achever. J’en suis ressortie avec les cheveux si noirs, tellement ternes et si dépourvus de reflets qu’on avait l’impression que j’avais une perruque bon marché sur la tête. J’ai failli en chialer, je vous jure. Et puis après j’ai commencé à faire des blagues en disant que finalement, ça me donnait des airs de vieille portoricaine adepte du trafic de drogue ou de fan de hard rock des années 80, et ça m’a aidée à prendre ce désastre à la légère. Sauf que je n’aime ni la drogue ni le hard rock, du coup ça n’a pas suffi à me faire encaisser le massacre. Quand ma môme de quatre ans s’est finalement plantée très sérieusement devant moi pour me dire : « Désolée, je ne peux pas avoir une maman moche », j’ai pigé que c’était très sérieux, cette histoire de cheveux bousillés. Et quand elle a ajouté : « T’sais quoi ? Tu ressembles à Raquel, l’ennemie jurée de Barbie« , j’ai compris que l’heure était grave et que je ne pouvais pas rester dans cet état (à moins d’apprendre à jouer de la guitare électrique ou à parler Espagnol).

Là, c’est moi qui sens que je suis en train de faire une grosse connerie et qui décide d’immortaliser cet instant pour la postérité.


Et bref, en dépit de ces histoires de cheveux fichus, de chouette t-shirt requin et d’autres banalités, il y a tout de même une chose un peu significative que j’ai faite et qui mérite que je la mentionne (du moins, elle le mérite sans doute davantage qu’un point régulier sur l’état de ma pilosité, par exemple) : j’ai écrit un roman.

J’ai écrit ça il y a presque un an, en six semaines exactement. Ca m’a coûté quelques nuits sans sommeil mais qu’importe, aujourd’hui l’histoire est achevée et la boucle est bouclée.

Il s’agit d’une histoire qui me trottait dans la tête depuis tant d’années que j’ai un peu l’impression d’être née avec. C’est une histoire peu commune aussi, car, que voulez-vous, j’ai tendance à avoir des obsessions un peu déroutantes. Je ne sais pas si cette histoire a commencé à m’obséder depuis que m’a mère m’a interdit de regarder la VHS d’Elephant Man quand j’avais huit ans, lorsqu’elle m’a refusé l’accès à la tente de la fête foraine qui abritait la femme-araignée ou bien lorsque, toute môme, mon cousin un peu plus âgé m’a traumatisée en me montrant successivement la bande-annonce de La Foire des ténèbres et cet article de Téléstar sur ce film parlant d’un enfant-rat. Toujours est-il que j’ai très tôt éprouvé une fascination sans fin pour l’univers des foires et exhibitions de monstres, pour la tératologie (chacun ses hobbies les mecs) et qu’il était grand temps que cette histoire sorte.

Alors voilà, cette histoire s’intitule La Caravane des monstres et parle d’une troupe d’artistes hors norme rendue spéciale par sa caravane d’enfants dits monstrueux. Dans ce drôle d’univers plein de fantaisie se côtoient un géant, une femme à barbe, un garçon-homard, un gobeur de poissons et tant d’autres personnages fantasques qui vont voir le merveilleux s’insinuer dans leur vie avec l’arrivée d’un nouveau-né extraordinaire.


J’aurais pu garder cette histoire pour moi tout seule mais est-ce qu’un roman a vraiment du sens s’il n’est pas partagé ?

Pour la petite histoire, j’ai tenté d’envoyer le manuscrit à quelques éditeurs sans grande conviction parce que, vous me connaissez, je n’ai aucune ambition. Et puis parce que je me suis dit que l’histoire d’une enfant cul de jatte avait peu de chance d’intéresser une maison d’édition. J’ai reçu quelques lettres types commençant par « Cher Monsieur », j’ai reçu de polis refus, j’ai aussi reçu de beaux encouragements, et puis comme j’aime assez le DIY et le côté artisanal de l’auto-édition, j’ai décidé de me débrouiller toute seule pour partager cette histoire. Dans un premier temps j’ai eu envie de la mettre en ligne pour que tout le monde puisse la lire et puis après coup, je me suis dit que c’était peut-être dommage d’adapter ce texte au format blog. Alors j’ai décidé de faire imprimer ce roman et d’essayer d’en faire un joli livre pour que l’histoire soit encore plus chouette à aborder.

Le livre est en prévente sur le site Ulule jusqu’à la fin du mois et sera imprimé courant mai si tout se passe bien. Si vous aimez les ambiances de fêtes foraines désuètes et les enfants extraordinaires, il se peut bien que cette histoire vous plaise. Le roman devrait faire 350 à 400 pages environ (la mise en page définitive est en cours) avec une couverture couleur et vous pouvez le commander en suivant ce lien pour le recevoir dès sa parution. J’ai fait en sorte d’être aussi équitable que possible dans cette opération et j’ai fait le choix de ne pas proposer un tas de contreparties déséquilibrées telles que « Pour 50 balles, recevez un sticker et toute ma gratitude » ou « Pour 500 euros ou plus, je vous ferai l’infime honneur de vous payer un café et de vous autoriser à me faire la conversation pendant 48 minutes« .

 


Bref, le livre coûte 20 € hors frais de port et si cela vous branche de le lire, n’hésitez-pas à le réserver dès aujourd’hui.

Quant à moi, j’essaye de revenir très vite pour mettre ce blog à jour et reprendre dignement du service.

Edit : Concernant les chroniques de livres, comme je n’ai pas eu le temps d’en ajouter ici, j’ai opté, depuis un petit moment, pour le format Instagram. Du coup j’ai abandonné les longues chroniques au profit d’avis plus concis et je me demande si ce format-là ne gagne pas plus en efficacité. Vous pouvez donc suivre mes dernières lectures en vous abonnant à mon compte Instagram.

 

4 thoughts on “Back from the grave

  1. Bon bah moi j y ai droit avec un pot de miel pour adoucir ma lecture ! Sérieux suis impatiente de le lire … si ça procure autant de plaisir que La lecture du blog, que je así être bien sur mon transat, les doigts de pieds en éventail, eventée par un boy en string !

  2. Hi, pas grand chose à carrer des monstres, quoique… Mais j’ai précommandé parce que ça me fera bien plaisir de découvrir comment ton style se transpose du blog au roman. Et bravo pour la rescolarisation. Un truc qui me parait complètement hors de portée alors que euh… Joker !

  3. Oh punaise, Madmartigan, mon héro! (Y a aussi une Sorcha alors?)

    Bien sûr j’ai oublié de filer le chèque, mais ça ne saurait tarder…

    Toute mon admiration pour le home schooling à la maison!!! T’as vraiment peur de rien 😉

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