Lemonade time

Mes aïeux, quelle semaine !

J’ai récupéré deux essaims d’abeilles et ne me suis fait piquer que trois fois. Si j’en crois cette vieille légende qui circule parmi les apiculteurs, j’en conclus qu’il ne me reste plus que 97 piqûres avant d’être définitivement immunisée contre les rhumatismes, chouette alors.

J’ai passé ma première nuit depuis deux ans sans gosse dans mon lit et j’ai trouvé ça drôlement bien de pouvoir me coller à nouveau contre mon vieux mari pendant six heures d’affilée.  J’étais tellement contente que pour fêter ça, on a failli mettre en route le cinquième, mais c’était sans compter sur la rediffusion de Rencontre du troisième type sur le câble qui nous a détourné de nos intentions reproductives. Une chance que nous ayons le sens des priorités.

J’ai donc  regardé Rencontre du troisième type pour la 43 ème fois et ça m’a rappelé à quel point  la scène où Richard Dreyfuss ravage son jardin pour construire une montagne géante au milieu de sa cuisine est une des mes scènes préférées du cinéma (juste après le monologue de Robert Shaw sur l’USS Indianapolis dans Jaws, avouez que ça ne peut pas être un hasard).

 

rencontre du troisième type

J’ai dix nouvelles poules rousses à qui donner des noms et vous savez à quel point j’aime bien ça, moi, donner des noms à tout va, que ce soit aux enfants, aux animaux ou aux appareils ménagers. Il y en a une que j’ai appelé Chantal et l’autre Marie-Odile et pour les huit autres, je me laisse le temps de la réflexion. La nuit dernière, j’ai aussi entendu un renard glapir dans les champs juste derrière la maison, autant vous dire que mes cocottes et moi, on sert le croupion et qu’on mise gros sur le grillage en galva enterré.

J’ai rattrapé mon retard dans la saison 4 de Game of Thrones et j’ai bien aimé la nouvelle coupe de cheveux de Jamie Lannister. Avec ou sans cheveux longs, je crois qu’il est sur le point de supplanter Rollo Lothbrok sur ma liste des méchants de séries TV avec lesquels j’ai envie de faire l’amour sur une peau de bête. Une peau de bête synthétique, cela va de soi, je ne suis pas si déviante que j’en ai l’air.

J’ai une nouvelle affiche de Roy Scheider avec la citation du bigger boat. Je compte l’accrocher entre celle de Little Miss Sunshine et celle de la planète Endor en remplacement des têtes de chevreuil empaillées (ce sera bon pour mon karma). Ce sera une sorte d’affiche test : à chaque fois que quelqu’un viendra chez moi et me demandera « c’est qui ? » en pointant l’affiche du doigt, je le ficherai à la porte sans sommation, ça lui fera les testicules et ça lui apprendra à méconnaître captain Brody.

J’ai aussi regardé un mauvais documentaire sur le sasquash et un autre sur un myriapode tueur et dans l’ensemble, j’ai beaucoup trop regardé la télévision au cours de cette semaine.

Par chance, j’ai lu un peu aussi (et j’ai jardiné). J’ai lu le Sciences et Vie Junior du mois d’avril et un bouquin sur les liens transgénérationnels que j’ai stabilobossé avec frénésie et qui m’a beaucoup interpellée. A la page 113, j’ai ri en déchiffrant un génosociogramme et j’ai eu un peu honte, la faute à un certain Joseph Boucher, mort à 39 ans, le pauvre.

 

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page 113, disais-je

  Et puis pour finir la semaine, mes copines et moi on a décidé de prendre le thé et la limonade.

On a sorti la belle vaisselle parce qu’on aime bien jouer à la dînette. Monique avait fait une brioche au chocolat pas assez cuite mais bonne quand même, elle m’énerve Monique, même ses gâteaux ratés sont excellents. On a mis des photos sur Instagram parce que les photos de goûter, c’est comme les photos de chatons et de nichons, ça fait toujours son petit effet. Et nous, on n’avait pas de chaton sous la main, juste nos nichons, et beaucoup trop froid pour les sortir,  alors on s’est fait un thé pour se réchauffer et on l’a immortalisé. On a bien passé cinq minutes à changer de place les plats de gâteaux sur la table pour que la photo soit un peu chouette, parce que c’est un peu le but du jeu, de faire croire que la photo est parfaitement spontanée et prise sur le vif alors que ça fait trois plombes qu’on peaufine l’agencement des éclairs au beurre salé en se demandant si ça rend bien sur l’assiette en porcelaine hollandaise. On a donc perdu cinq minutes de notre existence à prendre des petits choux en photo et Monique a dit ce truc très juste : « Tu sais, on devrait se prendre une semaine de vacances et se dire qu’on foutra rien d’autre que ça : changer des objets et de la bouffe de place pour faire des photos Instagram. Ca nous détendrait drôlement du string, je te dis pas« .

 

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  Pendant qu’on faisait exploser notre taux de triglycérides en buvant de l’eau chaude, pour dissoudre le sucre, on a abordé des tas de sujets très sérieux. Comme par exemple, le homard. J’ai dit aux filles que j’avais jamais mangé de homard de ma vie et Monique, qui avait mis un pull tyrannosaures, elle a dit qu’elle, le homard, ça avait tendance à l’écoeurer, que c’était pas un truc qu’elle pouvait bouffer par kilos, sans jamais s’arrêter, pas comme le bacon, par exemple. Et comme y avait pas de bacon, elle a repris un gâteau et sans surprise, on a embrayé sur d’autres sujets appétissants comme le bouchon muqueux.

Quand je suis revenue d’avoir uriné ma douzième tisane, Monique et Claire étaient en train de parler de leur dernière séance chez la pédicure, la distinction ça ne s’improvise pas. On s’est beaucoup plaint mutuellement de nos orteils, respectivement en forme de Curly, E.T. et Knacky Balls, et puis on ‘est posé cette question très grave : qu’est-ce qui peut bien pousser quelqu’un à vouloir être pédicure ? Qu’est-ce qui peut bien passer par la tête de ces gens pour qu’ils se disent un jour : « tiens, et si je passais le reste de mon existence à gratter la corne sous les pieds des gens, à  couper des ongles jaunis et mycosés ? » . Monique a dit : « C’est vrai que c’est étrange. On peut même pas dire que ce soit pour le fric, parce que dans ce cas, autant être médecin du trou du cul que pédicure » et elle s’est versée une dernière limonade.

Bref, toutes les semaines devraient se terminer comme elle-là. Et c’est pas Joseph Boucher qui me contredira.

 

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