Just one kiss

Face à la nouvelle cadence imposée par les événements de ces dernières semaines, j’ai dû réduire mes loisirs à pas grand chose pour ne pas dire presque rien du tout.

Mes journées commencent très tôt et s’achèvent drôlement tard et le soir venu, c’est un peu la fête si j’arrive à regarder un épisode entier de Game of Thrones sans m’endormir la bouche ouverte au bout de la quatorzième minute.

Compte tenu de ce nouveau rythme, j’ai dû réduire mes loisirs à que dalle ou presque et je dois même reporter sans cesse mes si précieux cours de piano (n’oubliez pas que j’apprends à jouer le thème de Conan, le but de ma vie).

Du coup, je crois que je peux affirmer sans exagérer que la lecture nocturne est devenue mon tout dernier loisir, pour le moment, mon seul moment rien qu’à moi car, eh oui, j’exclue même le créneau de la douche et celui du popo étant donné que même dans ces moments-là, il y a toujours au moins un gosse pour m’interrompre et flinguer mon tête à tête avec moi-même.

Alors pour pas changer, je continue à dormir peu et à lire autant que je le peux, même si ce n’est jamais autant que je le voudrais.

Et au cours des trois dernières semaines, j’ai lu huit romans que j’ai tellement bien aimés que j’ai eu envie de vous en parler.

J’ai lu la suite de Miss Peregrine et les enfants particuliers (dont je vous avais déjà parlé ici) et je ne m’étendrai pas trop dessus étant donné que je vous ai déjà fait un topos.

Dans l’ensemble, Ransom Riggs tient le cap et poursuit le récit des aventures de ses jeunes héros, en ajoutant de nouveaux venus à sa galerie d’êtres extraordinaires qu’il enrichit notamment d’un bestiaire fantastique (chiens dotés de parole, poules qui pondent des oeufs explosifs). A mesure que l’on avance dans le récit, l’ambiance poétique et quasi onirique du premier opus cède peu à peu la place à un univers définitivement rude et morose qui caractérise sans conteste Hollow City, pour devenir carrément glauque et sinistre dans La Bibliothèque des âmes, le troisième et dernier volet. Mais l’ensemble reste évidemment génial et cette trilogie-là, je ne vois pas quoi en dire à part qu’il faudrait vraiment être stupide ou borné pour refuser de la lire tellement c’est chouette, et l’on salue à chaque page le talent de Riggs pour repousser toujours davantage les limites de l’imaginaire avec des lieux et des personnages absolument géniaux qui ne cessent de nous épater.

bibliothèquedesames

Une fois que j’en ai eu fini avec Miss Peregrine, on peut dire que je me suis littéralement vautrée dans la littérature sentimentale young adults. J’ai bien dit vautrée, oui, car il n’y a pas d’autre mot pour qualifier ça.

J’ai lu des romans sentimentaux narrant les histoires d’amour d’étudiants et lycéens entre deux heures de sommeil, tôt avant le petit déj, en mangeant un sandwich au cheddar de minuit, dans mon bain et même aux toilettes (alors qu’habituellement, lire aux toilettes est contraire à ma religion, sachez-le) (mais j’en suis au stade où j’optimise chaque minute de liberté pour avancer ma lecture d’un paragraphe ou deux).

Ca amuse un peu mon vieux mari de me voir devenir accro à ce genre de littérature et il ne comprend pas bien. J’essaye de lui expliquer la supériorité des histoires d’amour entre héros de quinze à dix-huit ans sur toutes les autres mais il a pas l’air d’y piger grand chose ni d’y voir un quelconque intérêt. Mais moi je m’accroche sans sourciller à mes romances adolescentes et j’en viens à ajouter sur ma liste des meilleures choses au monde les scènes de premiers baisers dans la littérature young adult. Je pleure inlassablement devant le récit de ces premiers baisers tant attendus et de ces corps débordant d’hormones qui pourtant se contentent de s’étreindre sans se sauter dessus toute braguette ouverte (même si au bout du compte, ils finissent quand même par coucher ensemble parce qu’ils faut pas déconner non plus) (mais eux au moins ont le mérite de pas se sauter dessus la quéquette à l’air dès la première occasion).

A l’heure où les romans pseudo-érotiques aux couvertures flashy et aux titres racoleurs font l’unanimité, racontant les prouesses sexuelles de gens évidemment jeunes, riches, beaux et populaires, je me jette donc tête la première dans cette littérature pleine de tendresse, de retenue, de soupirs et de papillons dans le ventre et j’ai à mon tour à nouveau quinze ans, même si mes quinze ans à moi n’ont jamais été marqués par le souvenir quelconque d’un baiser ou d’une histoire d’amour aussi sensationnelle que celles-là (d’ailleurs à quand remonte mon dernier baiser inoubliable ? Il faudra sérieusement que je songe à la question).

J’en viens à me demander s’il y a réellement quelque chose qui surpasse  les scènes de premiers baisers dans les romans young adult et j’en viens à croire que non. Et je crois bien avoir pigé ça le jour où j’ai lu Weetzie Bat et son premier baiser avec My Secret Agent Lover Man, « a kiss about apple pie à la mode with the vanilla creaminess melting in the pie heat ».

weetziebat

Mon nouveau challenge, c’est donc de répertorier toutes les descriptions de baisers dans les romans sentimentaux pour jeunes adultes. Comme ça, je les relirai comme une midinette les jours où j’aurai le cafard. Allez savoir pourquoi je fais ça, peut-être parce que mon dernier baiser inoubliable à moi (ça y est je l’ai retrouvé, et il date de 2007) il sentait un mélange de cookies à la vanille et de bière tiède, mais surtout de bière tiède.

Voilà donc les sept cool romans que j’ai lus, six romans garantis avec premier baiser inoubliable inside.

J’ai essayé de les classer en commençant par celui que j’avais peut-être le moins aimé (sachant que je les ai tous trouvé vraiment super) jusqu’à mon préféré, mais là encore, le choix a été rude car mon coeur de jeune fille a beaucoup sangloté au cours de ces lectures. J’ai donc décidé d’établir ce classement en tenant compte des torrents de larmes respectivement arrachés par l’un et l’autre de ces livres.

Si c’est la fin du monde, de Tommy Wallach raconte au jour le jour le quotidien de plusieurs lycéens, après l’apparition dans le ciel d’un astéroïde ayant deux chances sur trois de se trouver sur la trajectoire de la terre et de la percuter dans un délai de deux mois.

Deux mois, c’est donc le temps qu’il reste à chacun pour vivre et prendre de grandes décisions. Des décisions autrefois réfléchies qui d’un coup d’un seul se bousculent et chamboulent tout. Les amitiés les plus impossibles se créent, les couples se font et se défont, les élèves modèles de bonne famille se rebellent et abandonnent tout pour vivre leur grand rêve, et chacun s’efforce d’accélérer le destin et de tout mettre en oeuvre pour atteindre, en deux mois seulement, le but de ce qui aurait dû être une vie toute entière, ou du moins celui de quelques années.

Le populaire Peter devra décider de poursuivre ou non sa relation avec sa très sexy (et très pimbêche) petite amie ou au contraire, de tenter sa chance auprès d’Eliza, l’outsider férue  de photographie portant l’étiquette de fille facile depuis qu’un baiser furtif avec Peter a précipité sa réputation. Andy, le skater fumeur de joints, fera tout son possible pour atteindre son but ultime de lycéen puceau : faire l’amour avec une fille (et de préférence, la fille de ses rêves) avant que cette saloperie d’astéroïde ne leur explose à la trogne et ne le condamne à mourir vierge. Anita, la jeune fille sage issue d’un milieu privilégié et promise à un brillant avenir dans l’une des universités les plus convoitées du pays, devra trouver la force d’affronter son père et de contrarier le destin qu’il lui a tracé pour vivre son rêve de toujours : chanter.

Les destins de ces quatre héros vont ainsi se croiser et ensemble, ils vont vivre ces deux mois censés les séparer de la fin du monde, et miser sur ce court laps de temps pour renoncer définitivement à leur étiquette respective et se fabriquer la vie qu’ils ont toujours voulu mener. Leur chassé croisé se dessine ainsi sur fond de dystopie, dans un monde qui jour après jour, sombre dans la crainte et le chaos, un monde régi par de nouvelles règles et  sur lequel planent de nouvelles menaces, car qui sait de quoi les hommes sont capables dès lors qu’ils intègrent l’idée que dans deux mois peut-être, il ne restera rien d’eux.

Un roman plutôt cool (bien que la fin m’ait laissée sur ma faim) avec – teasing de ouf – une scène de premier baiser dans la chambre noire d’un labo photo (qui ne vaudra jamais le baiser au goût de tarte aux pommes de Weetzie Bat, certes). Si vous aimez les ambiances pré-apocalypse et les rencontres entre sales jeunes et élèves modèles qui virent tantôt au cauchemar tantôt à la vraie belle histoire d’amitié, ce roman est fait pour vous.

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Après Si c’est la fin du monde, un roman épistolaire d’Ava Dellaira intitulé Love letters to the Dead que j’ai vraiment bien aimé et lu en une seule nuit (ce qui, selon mes critères, est un gage de qualité).

Tout commence avec un sujet de rédaction : « écrivez à une personne décédée ».

Alors que l’enseignante s’attend probablement à ce que ses élèves s’adressent de la sorte à un président ou à une personnalité historique, Laurel décide quant à elle d’adresser sa lettre à Kurt Cobain. Elle essaye de lui expliquer – à lui, Kurt – ce drôle de choix, en lui disant qu’il lui rappelle sa soeur aînée, May, elle qui adorait écouter ses disques et arborait des patchs avec le logo de son groupe. Et de ligne en ligne, Laurel se confie, raconte son quotidien, ses incertitudes et revient inlassablement sur le souvenir de sa soeur tant admirée. A la fin de sa première lettre, elle décide d’en écrire une seconde, puis encore une autre, et se montre finalement incapable de rendre le devoir attendu par sa prof d’anglais tant le besoin d’écrire ces lettres s’empare d’elle. Après Kurt Cobain, elle s’adresse à d’autres célébrités qui, d’une façon ou d’une autre, ont marqué le cours de son existence ou celui de sa soeur ou qui, plus simplement, ont eu une vie qui, par certains aspects, lui semble similaire à ce qu’elle vit : Janis Joplin, Amy Winehouse; Judy Garland ou encore Jim Morrison seront ainsi autant de destinataires absents pour ces nombreuses lettres dans lesquelles Laurel se confie chaque jour un peu plus, racontant son quotidien au lycée et auprès de sa famille et surtout, mettant peu à peu en lumière les zones d’ombre qui planent sur sa soeur et sur la récente tragédie familiale.

Inutile de se fier au concept de lettres adressées à des rock star qui, de prime abord, peut sembler un peu nunuche (du moins, c’est l’effet que ça m’a fait à moi quand j’ai acheté le livre) (mais comme la couverture était sympa et le titre super, je l’ai pris quand même et j’ai bien fait). En réalité, ce format fonctionne vachement bien et là où on pourrait s’attendre au récit d’une banale ado égocentrique racontant à ses rock stars sa vie de lycéenne, ses copines, ses coups de coeurs et ses soirs de beuverie, on perçoit peu à peu, contre toute attente, l’enjeu véritable de cette série de lettres. Et sans s’y attendre, au-delà des récits de ce quotidien lycéen, nous voilà plongés au beau milieu d’un drame familial avec, au coeur de l’affaire, la figure de May, cette soeur que Laurel croit connaître mais dont elle ne sait peut-être finalement pas grand chose. L’insistance de Laurel a rédiger ces lettres prendra finalement tout son sens à la fin du récit quand seront révélées toutes les pièces du tragique puzzle et vraiment, j’ai adoré ce livre que je ne saurai que trop vous conseiller.

Teasing de malade : first kiss avec papillons dans le ventre assurés (« Et là j’ai compris que jamais les papillons qui habitent à l’intérieur, avec leurs ailes minces comme du papier, ne verront la lumière d’assez près. Ils voudront s’en approcher toujours plus, s’y immerger. »)

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Après ça, parlons  de Nos faces cachées d’Amy Harmon, un roman avec un pitch un peu cucul la praloche mais qui au final fonctionne très bien (et avec des scènes de baisers supaaaaires, laissez tomber, à ce rythme-là, dans un mois je me mets à lire et chroniquer Barbara Cartland).

Ambrose Young est un beau ténébreux, champion de lutte de son école et chic type de surcroît, et toutes les filles de son lycée seraient évidemment prêtes à être damnées pour avoir le droit de glisser leur langue dans sa bouche. Fern est une lycéenne adepte des romances littéraires et des récits Harlequin (un peu comme moi donc), livrée avec toute la panoplie stéréotypée de l’adolescente au physique ingrat (petite, maigrichonne, affublée d’un appareil dentaire et d’une paire de lunettes évidemment immondes). Pour parfaire sa popularité, elle a deux amis au monde : Rita, la fille la plus sexy du lycée qui évidemment, lui fait de l’ombre, et Bailey, son cousin atteint d’une myopathie de Duchenne qu’elle trimbale partout dans son fauteuil roulant. En somme, c’est une gagnante.

Evidemment, la fille moche tombe amoureuse du beau ténébreux d’un mètre quatre-vingt-onze. Sauf que sa copine sexy voudrait bien vérifier d’elle-même cette légende urbaine selon laquelle la taille des doigts est proportionnelle à la taille de vous savez quoi. Alors elle demande à sa copine moche mais romantique de lui écrire des billets doux pour qu’elle les adresse au beau mec du lycée, comme si elle les avait écrits elle-même. Et ainsi Fern-la-moche se retrouve-t-elle à entretenir une correspondance sentimentale avec le bellâtre qui croit quant à lui correspondre avec Rita-la-blonde-à-forte-poitrine. Vous me suivez ?

Bref, à ce stade du résumé, je sais que vous vous demandez si je suis pas en train de me foutre de votre gueule avec ce bouquin. Vu que ça fait un peu beaucoup de clichés réchauffés d’un coup d’un seul dans la même gamelle. Mais attendez, la suite est mignonne.

Et cette suite, je m’en voudrais de trop vous la spoiler mais en gros, quelques années plus tard, tout s’inverse et pour des raisons que je refuse de vous révéler ici (car j’ai bon espoir que vous lisiez ce roman même si je vous le vends d’une façon vraiment désastreuse), la fille moche devient plutôt canon (la magie des lentilles, du traitement orthodontique achevé et des seins qui poussent) tandis que le beau mec revient de la guerre quelque peu amoché. Ah oui, et aussi, la fille sexy devient un peu moins sexy depuis qu’elle s’est fait engrosser par le gros débile alcoolo du bled qui lui saccage la tronche régulièrement. Et bref, disons que la roue tourne (sauf pour le myopathe en fauteuil roulant qui malheureusement, reste myopathe en fauteuil roulant). Alors forcément, tout ça, ça rééquilibre un peu la donne en matière de compatibilité amoureuse.

Et je n’ajouterais rien pour vous convaincre si ce n’est qu’à la page 291, il est question d’un baiser qui donne à l’héroïne l’impression « qu’elle va se désintégrer, comme un immeuble que l’on démolit de l’intérieur et qui s’effondre proprement sur lui-même sans rien déranger autour » (achevez-moi putain). Et aussi, que j’ai lu ce roman en une seule nuit, signe que c’était captivant.

Bref, je crois que je suis à ça de créer un blog qui recensera tous les meilleurs récits de baisers de la littérature jeunes adultes. Et je profite de cette menance pour enchaîner sur un livre que j’ai lu en deux nuits au lieu d’une seule mais c’était uniquement parce que j’avais vraiment besoin de sommeil, sans ça vous pouvez me croire, je ne l’aurais jamais abandonné quelques heures, jamais.

 

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Le livre suivant  s’intitule Nos étoiles contraires et il y a de fortes chances pour que tout le monde le connaisse déjà vu qu’il fait partie de ces best sellers que tout le monde a lu alors que moi je viens juste de le découvrir (vous savez à quel point j’ai du mal avec : 1) la mode et 2) l’actualité en général.

Si je vous dis que dès la première page, le pitch est posé et que l’on apprend qu’il y est question de gamins cancéreux luttant chaque jour pour ne pas y rester, vous imaginez directement le potentiel de chiale de ce bouquin. Si l’on ajoute à cela que dès les premières pages, une ébauche de flirt se crée entre deux des ados cancéreux, au beau milieu d’un groupe de paroles d’adolescents rescapés du cancer (pour le moment), vous imaginez à quel point la chiale peut battre des records.

Et bref, Nos étoiles contraires est l’histoire d’Augustus et d’Hazel Grace et avec des noms comme ça, vous imaginez bien qu’on est obligé d’aimer ces personnages, du moins suffisamment pour avoir envie de les prendre dans nos bras et de leur caresser les cheveux en leur murmurant au creux de l’oreille : « Chut, ça va aller ».

Mais évidemment, on se doute bien que non, ça ne va pas aller. Pas quand on est si jeune et qu’on a déjà failli y passer plusieurs fois. Pas quand on assiste à un groupe de parole hebdomadaire dont la fréquentation diminue à mesure qu’augmente la longueur de la liste des anciens membres désormais rattrapés à tout jamais par la maladie. Et pourtant, au milieu de toute cette douleur et de la maladie, il y a cette jolie histoire, celle d’Hazel Grace qui rêve de contacter l’auteur de son roman préféré pour l’obliger à lui dévoiler la suite de l’histoire (sous-entendu, tant qu’elle est encore de ce monde pour l’entendre) et puis Augustus, le gentil et beau garçon optimiste qui toujours s’efforce d’aller de l’avant et qui dit un jour à Hazel que « ce serait un privilège d’avoir un jour le coeur brisé par [elle] ». Parce que oui, ce roman raconte évidemment toute la souffrance psychique et émotionnelle qui découle de la maladie, cette interdiction d’aimer que l’on s’inflige au nom de la maladie.

Je vous la fais courte pour la conclusion : on sourit et on pleure et on sourit et on pleure mais surtout, on pleure, même si à la fin, on arrive encore à sourire (en pleurant, donc). Voilà le genre de petit roman drôle et poétique jusqu’à la dernière page, qui vous colle la chiale jusqu’à la dernière ligne, je sais que je suis assez nulle pour trouver des mots classes qui décrivent ça alors je dirais juste que c’est un vrai joli livre bouleversant et qu’il faut le lire, absolument.

Teasing first kiss : premier baiser sur la pointe des pieds avec des applaudissements.

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Une fois que vous aurez lu Nos étoiles contraires, il y a fort à parier pour que vous aurez envie de lire, comme moi, tous les livres de John Green sans exception. Ce qui me semble être une décision tout à fait raisonnable. Voilà donc comment j’ai presque immédiatement enchaîné avec un deuxième titre du même auteur : Qui es-tu Alaska ?

Miles s’ennuie considérablement dans sa famille, alors il décide de partir dans un pensionnat loin de chez lui. Qui es-tu Alaska ? raconte, en toute simplicité et avec beaucoup de gaieté (et de poésie aussi) le quotidien de ces adolescents dans ce pensionnat où les élèves boursiers s’opposent aux weekenders (les gosses de riches qui rentrent chez eux tous les week-ends) dans des guerres d’honneur à base de mauvaises blagues et de très sales coups. Renommé Le Gros par son pote de chambrée, le dénommé Colonel, Miles va faire la connaissance de ses autres partners in crime, parmi lesquels la troublante et instable Alaska, créature de rêve absolument insaisissable et totalement ingérable, accro aux cigarettes, aux beuveries improvisées et aux mauvaises blagues, qui va fasciner éperdument Miles.

C’est un vrai bon roman très drôle qui nous replonge dans l’univers des années lycée avec leur lot de conneries, de désobéissances et de mauvais tours (ouais, enfin je parle pour les autres hein, moi j’ai jamais fumé une clope, j’ai attendu d’avoir dix-sept ans et demi pour boire ma première sangria et j’ai jamais séché un cours ni découché, J’AI TOUT RATE quoi). Avec son lot de tragédie et de chiale, évidemment. On rit et on pleure tour à tour, j’en viens à me demander si c’est pas un peu la spécialité de John Green de nous faire passer de l’éclat de rire au torrent de larmes, à force je vais finir par faire jaillir des arcs-en-ciel dans mon salon.

Bref, il faut que vous lisiez Qui es-tu Alaska ? parce que c’est très très beau. Et aussi, évidemment, parce que les baisers d’Alaska sentent « la cigarette, le soda, le vin et le stick hydratant pour les lèvres ».

quiestualaska

Quand vous aurez fini de pleurer en lisant John Green, vous pourrez vous coller à Everything Everything qui est le chouette premier roman de l’auteure Nicola Yoon.

Madeline est atteinte du rare syndrome de Déficit Immunitaire Combiné Sévère. En gros, elle n’a absolument aucune défense immunitaire ce qui fait que le moindre germe, le moindre miasme, le plus infime microbe risque d’affecter très sérieusement son organisme. D’une façon générale, tout ce qui provient de l’extérieur est donc potentiellement un ennemi mortel capable de la contaminer, ce qui la contraint à vivre dans un milieu quasi stérile et parfaitement isolé du monde extérieur afin qu’elle n’entre en contact avec aucun virus  ou bactérie susceptible de la mettre en danger. A 18 ans, Madeline n’est donc jamais sortie de chez elle, ayant pour seule compagnie celle de sa mère médecin et de son infirmière particulière, et pour tout loisir, ses cours par correspondance et les livres qu’elle lit par centaines.

Pourtant un jour, de nouveaux arrivants emménagent dans la maison voisine et de sa fenêtre, Madeline se divertit en observant ses nouveaux voisins, avec un intérêt plus particulier pour Olly, le beau gosse et fils aîné de cette famille qui, très vite, manifeste à son tour l’envie de faire sa connaissance. Privée de tout moyen de sortir de chez elle, encore moins de le rencontrer, elle va peu à peu communiquer avec le voisin sympa et sexy, d’abord par signes puis par messages placardés sur les vitres, et enfin par email. Cette correspondance va changer l’existence de Madeline qui, bien que résignée et habituée à son mode de vie sous contrôle permanent, va ressentir, pour la première fois de sa vie, le besoin de rencontrer physiquement cette personne. Elle devra compter sur la complicité de son infirmière pour outrepasser les règles rigoureusement édictées par sa mère afin de pouvoir faire la rencontre d’Olly (rien de plus facile, il suffit de le décontaminer totalement et de l’empêcher de l’approcher à moins de huit mètres environ) (sympa comme rencard). Et  pour la première fois de sa vie, la jeune fille va en arriver à se demander si cette vie coupée de tout et de tous vaut vraiment la peine d’être ainsi vécue, et se plaire à croire qu’il serait peut-être préférable de ne vivre que quelques jours ou seulement quelques heures dehors auprès de lui, plutôt qu’une vie entière seule et enfermée (putain c’que c’est beau).

Encore un livre lu en une seule nuit (est-ce que j’ai des cernes ? C’est une évidence) qui m’a tenu en haleine jusqu’à la toute fin, avec pas mal de rebondissements très inattendus. Et niveau premier baiser, dites-vous bien qu’on a affaire à une jeune fille capable de prendre le risque de mourir en échange d’un romantique roulage de pelles plein de miasmes.

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Et puis le dernier pour la route qui est un autre roman d’Amy Harmon, l’auteur de Nos faces cachées, au titre très cucul – La loi du coeur (avec un sous-titre encore plus cucul que je vous épargne sinon vous n’allez jamais le lire. Alors qu’il est extra, merde).

Moïse est ce que l’on appelle un « bébé crack ». Abandonné dès sa naissance dans un Lavomatic par une mère junkie et accro au crack, il grandit de foyer en foyer et, devenu adolescent, trouve refuge chez sa grand-mère maternelle qui accepte de veiller sur ce jeune homme amoché par la vie est particulièrement inadaptable. Dans cette petite ville du Sud, on se méfie très vite de cet adolescent métisse que la mère – une enfant du pays – a abandonné dans une serviette avant de mourir d’une overdose, d’autant que son attitude ne laisse rien présager de bon, comme en témoignent ses crises et accès de colère subits liés à de vagues troubles psy. Moïse parle peu et peine à s’adapter, vouant une obsession pour la peinture à laquelle il s’adonne sans retenue, peignant sans prévenir, sur la moindre surface qui s’offre à lui, des sujets parfois déconcertants qui ne tardent pas à ébranler la petite ville.

Dans le voisinage pourtant, Georgie, la fille d’un couple d’équithérapeutes, intriguée par le personnage, va s’efforcer de susciter son intérêt et de se lier d’amitié avec l’étrange garçon qui, depuis son arrivée, l’obsède au moins autant qu’il dérange le reste du voisinage. Bien que convaincue que Moïse a quelque chose de particulier, en plus de son background familial hors norme et de ses troubles psychiatriques connus de tous, elle n’aura de cesse de se rapprocher de cet adolescent bizarre dont le génie artistique semble aller de pair avec des sujets morbides particulièrement ciblés, jusqu’à se rendre compte que celui à qui l’on prête des troubles psychiques est peut-être finalement en proie à des forces toutes autres et que la peinture n’est peut-être pas son principal don.

En gros, il y est question d’un jeune homme mystérieux dont on ne sait pas très bien si c’est une sale type ou une sorte d’ange tombé des cieux. Il y est question de génie artistique et de médiumnité, le tout dans une petite ville sudiste méfiante où l’on n’oublie ni ne pardonne rien. Et puis il y a Georgie, la jeune cow girl un peu bourrue mais obstinée, qui va découvrir, parfois à ses dépens, ce que cache la personnalité de Moïse.

Je vous le donne en mille : la chiale totale. Avec en plus le suspens, la romance, une enquête policière en trame de fond et dans l’ensemble, tout ce qu’il faut. L’intrigue est vraiment chouette, les personnages attachants, et si vous ne deviez lire qu’un livre de cette liste, lisez peut-être celui-ci (même si les John Green sont vachement bien aussi) (et puis tous les autres aussi, merde quoi, vous n’avez qu’à faire plouf-plouf si vous n’arrivez pas à vous décider).

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Et voilà, ça fait pas mal de pistes de lecture pour ceux qui s’ennuient ou qui ne savent jamais quoi lire (mais comment une telle chose est-elle possible ?). Et beaucoup de jolies scènes de premiers baisers, évidemment.

4 thoughts on “Just one kiss

  1. J’ai chouiné comme pas possible en lisant Nos étoiles contraires, mais j’étais dans un train donc je faisais pas la fiérote! J’ai retenu plusieurs titres de ta liste qui me plaisent déjà! Dans le même genre, j’ai adoré d’amour Eleanor & Park, qui m’avait mis des papillons dans le cœur comme pas possible! (je l’ai lu en anglais par contre, je sais pas si c’est mieux ou pas). Bisettes!

    • Ok, je te fais confiance. Eleanor et Park, direct dans mon panier d’achat. (moi je les lis en Français par pure fainéantise)

  2. Moi aussi j’adore la littérature jeunesse. J’ai beaucoup aimé Miss Peregrine (je n’ai lu que les 2 premiers tomes pour l’instant).
    Si je commente pour la première fois, c’est que j’ai très envie de recommander un livre pour ados qui m’a méga marquée dans ma prime jeunesse : Rages, de Chris Crutcher. Ce n’est pas un roman d’amour (bien qu’il y ait une trop cool histoire d’amour avec des personnages loin des stéréotypes), c’est l’histoire d’un jeune mal dans sa peau qui essaie de s’en sortir malgré une famille pas marrante-marrante. C’est beau et c’est bien, ça fait un peu pleurer mais c’est tant mieux.
    Sinon j’ai mille choses à conseiller mais point trop n’en faut.
    Merci pour les chroniques !

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