My favourite book of all time #4

Je m’étais promis d’espacer mes chroniques de lecture en rédigeant, entre chaque nouveau volet, un billet plus classique, avec son lot de tranches de vie et de blagues impliquant, au hasard, la vie domestique, ma jumelle diabolique, ou mes poulets cannibales.

Tout ça pour pas froisser ceux qui n’aiment pas les livres, voyez-vous, car pas plus tard qu’hier, j’ai précisément reçu une carte postale d’une jeune femme allemande qui aurait presque pu paraître sympathique si elle ne disait en substance : « Désolée mais je ne vois pas comment je pourrais vous parler de mon livre préféré étant donné que je ne lis pas, ou alors uniquement des choses utiles et indispensables, je ne comprends même pas les gens qui perdent leur temps à lire des fictions qui ne servent à rien. Amitiés de Düsseldorf ! ».

Pour le coup, je me suis demandée – pendant environ une demi-seconde – si  lire des romans ne serait pas effectivement une perte de temps considérable, sachant qu’on pourrait tout aussi bien exploiter ce temps-là à lire des notices explicatives ou des contrats d’assurance, n’est-ce pas Gretchen ?

Oui, c’est ça, lire des notices explicatives à plein temps peut-être, et se donner l’impression d’avoir rempli sa tête de choses utiles qui peuvent nous servir au quotidien plutôt que de s’enivrer de sottes fictions qui, après tout, n’ont jamais aidé quiconque à connaître le temps de cuisson des oeufs mollets ni à savoir réaliser une suture d’urgence sans matériel de secours (par contre, ceux qui ont vu Rambo savent).

Réalisant, dans ma grande candeur, que j’allais peut-être bien décevoir bon nombre de lecteurs s’il se trouvaient parmi eux des allergiques aux livres, je m’étais dit que couper la poire en deux et alterner mes chroniques de lecture avec un nouvel épisode des aventures de Monique et Evelyne dans les solderies, par exemple, serait une bonne façon de satisfaire tout le monde. Sauf qu’après avoir consulté les statistiques de fréquentation de ce blog, j’ai eu la joie de découvrir que le nombre de mes lecteurs s’élevait à environ 18 lors des pics d’audience, et du coup, que c’était pas vraiment grave de contrarier 8 ou 9 personnes environ. Je veux dire, ils me le pardonneront. Ou pas. Et au pire, courront s’acheter  La femme parfaite est une pouffiasse en attendant le remboursement de leur abonnement à ce blog gratuit.

Tout cela pour dire qu’il se pourrait bien que :

1) J’aie décidé d’arrêter de chroniquer autre choses que des livres, car les livres c’est drôlement plus drôle et passionnant que les culottes Jurassic World de chez Primark (sans compter que tout en chroniquant mes bouquins, je parle un peu de mon existence palpitante, hein)

2) J’aie décidé de continuer à écrire des chroniques que je ne publie pas sur le blog mais que je garde pour une version papier qui devrait sortir aussi vite que je me bougerai le cul, c’est-à-dire, dans vraiment très longtemps.

3) J’aie décidé de continuer à écrire sur les livres et sur les slips mais en ce moment, lisant beaucoup plus de livres que je ne change de slips, le bouquin l’emporte sur la culotte ridicule.

Et bref, vous pouvez choisir l’excuse qui vous sierra le mieux, toujours est-il qu’aujourd’hui encore, on va parler de livres.

 

book cat

 

Cette semaine donc, j’ai lu une notice de montage d’un lit d’extérieur en faux rotin, le dos d’un paquet de céréales au maïs et au sucre de canne ainsi que le mode d’emploi de ma pilule contraceptive (ne vous étonnez pas que j’aie une famille si nombreuse, s’il m’a fallu autant de temps pour lire cette notice, c’est que j’étais beaucoup trop captivée par mes fictions pour me renseigner sur le fait que la pilule n’est efficace que si elle est prise tous les jours et qu’on évite de la chier ou de la vomir).

Et puis j’ai lu trois livres.

Trois livres respectivement conseillés par une postcrosseuse allemande et par de gentils lecteurs de ce blog parce que, hell yeah, il y a quand même des gens que ce challenge de lecture intéresse et qui apportent leur pierre à l’édifice en me confiant le titre de leur propre livre préféré. Et ça c’est beau. J’ai ainsi reçu de nombreuses suggestions de lecture dans les commentaires, quelques mails, me suis vue prêter des livres de poche à la couverture cornée (mes préférés), et j’en ai même reçu un en cadeau, et vous savez à quel point j’aime ça moi, les livres et les cadeaux. J’ai aussi calé sur un quatrième livre conseillé par une lectrice allemande et qui s’intitule La neige tombait sur les cèdres. Je ne sais pas si c’était de la flemme ou de la mauvaise volonté mais j’ai eu subitement envie de ne plus le lire ou du moins, pas maintenant.

Bref, j’ai commencé par Morwenna, le livre préféré de L’épicière, un livre qui n’a cessé de m’obséder depuis qu’elle m’en a parlé en précisant qu’il « contenait lui-même une soixantaine de conseils de lecture« . Un livre parlant d’une personne qui aime les livres, voilà qui n’augurait ma foi que du bon, surtout quand la lecture du résumé m’a appris qu’il était en l’occurrence question d’une jeune fille trouvant refuge dans les livres de SF, bref, n’ajoutez rien, j’achète (et on ne parlera pas de la première de couverture über poétique avec cette fillette sépia répandant des étoiles dans un champ de blé, non non, je ne suis pas le genre de fille superficielle qui achète un bouquin à sa photo de couverture, du tout).

 

morwennaa

 

Morwenna Phelps est une adolescente de 16 ans fraîchement placée dans une école privée par un père qu’elle n’a jamais connu, et qui réapparaît dans sa vie après une succession de drames familiaux : un violent accident qui l’a laissée lourdement handicapée et qui a causé la mort de sa soeur jumelle Morganna, puis la fuite loin de sa mère considérée comme folle et dangereuse. Morwenna pourrait alors presque passer pour une adolescente ordinaire, ou disons une adolescente ordinaire qui n’a pas trop de chatte dans la vie, et qui boîte, soit, sauf qu’elle a ceci de particulier qu’elle parle aux fées. Elle les voit, sait les trouver et les reconnaître, leur parle et les entend parfois. Elle agit également à leur demande, pour aider le monde des fées et celui des hommes, comme elle le fit tant de fois auparavant avec Morganna, avant que leur mère ne décide de s’en prendre à elles. Car leur mère, Morwenna en est sûre, est bien plus qu’une originale, ingérable et déséquilibrée : c’est une véritable sorcière.

Les semaines puis les mois passent dans ce pensionnat guindé où Morwenna se fait peu d’amies, reçoit des lettres de sa sorcière de mère accompagnées de photos où sa tête est brûlée (sympa la maman), parle peu aux fées et se réfugie inlassablement dans des livres de science-fiction et de quêtes héroïques fantastiques. On accompagne les journées de la jeune fille, relatées dans son journal intime et rythmées par ses lectures, et l’on se plait à prendre soi-même des notes dans un petit carnet sur ces dizaines de livres qu’elle évoque et qu’on s’en veut de ne pas avoir encore lus. Sur la cinquantaine de livres de science-fiction et fantasy cités dans Morwenna – et dont vous pouvez retrouver la liste complète ici – je n’en ai lu que cinq (Dune, Soleil vert, Le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux, , Le Silmarillionet Le maître du haut château, qui ne compte qu’à moitié puisque je ne l’ai pas encore terminé). Et bref, je me suis sentie un peu honteuse d’avoir autant de lacunes en SF alors que merde, cette gamine de 16 ans donne l’impression d’avoir déjà tout lu. Bon ok, cette gamine est fictive. N’empêche qu’elle parle aux fées alors que moi j’en suis encore à essayer d’apprendre à mon chat à dire « Maman fais-moi des crêpes » (et pour l’instant il maîtrise quasiment « maman », je sens qu’on est bientôt prêts pour une chaîne Youtube).

Bref, lisez Morwenna, c’est addictif comme vous n’avez pas idée et ça donne envie de passer ses samedis à lire des vieux livres de bibliothèque en buvant du thé refroidi et en mangeant des gâteaux au miel. Ca a un côté roman pour ado juste ce qu’il faut, c’est bourré de tendresse et de poésie sans jamais tomber dans le guimauve, on est à la fois captivé et frustré par ce grand inventaire de livres de SF commentés et détaillées et bref, c’est ce que j’appelle un sacré bon moment de lecture, du genre de ceux qui vous font finir le repas en oubliant de mâcher dix secondes avant d’avaler car au diable les ballonnements et les problèmes de transit, les adolescentes extralucides amoureuses des bibliothèques et de Tolkien, ça n’attend pas.

 

 

Acheter Morwenna de Jo Walton

 

J’ai enchaîné avec un autre conseil de lecture émis sur ce blog par Siam dont le best book ever est Persuasion de Jane Austen.

 

persuasion

Je me dois de commencer par une confession.

Je sais bien que Jane Austen, c’est très à la mode, et je me rappelle qu’au lycée déjà, toutes les filles lisaient Orgueil et Préjugés, de préférence en fumant une cigarette roulée, assises sur les marches de la cour de récré, en s’exclamant parfois « Nan mais Jane Austen c’est tellement beau quoi, c’est juste le summum du roman sentimental, y a pas d’histoire d’amour à la hauteur de celles décrites par Austen !« .

Ma théorie à moi, c’était que tout le monde s’était entiché de Jane Austen à cause de la référence Colin Firth / Mark Darcy dans Le Journal de Bridget Jones, car ça, c’était le genre de livres qu’on lisait toutes en cachette sans oser se pavaner avec, c’est pas avec du Helen Fielding qu’on se paye un look de lycéenne bohème et romantique qui porte des blouses à fleurs dénichées en friperie et des Kickers usées. Non, pour ce look là, il fallait au moins avoir pris l’option arts plastiques, pour pouvoir se pavaner avec sa planche à dessin deux jours par semaine, et puis bien sûr, se montrer en public avec un livre de Jane Austen (ou de Baudelaire), histoire de parfaire la panoplie. Est-ce à cause de cette période ingrate de mon adolescence que j’ai momentanément pris en grippe Jane Austen ? C’est bien possible. Moi au lycée, je luttais très fort pour ne pas mettre mes t-shirts de Liam Gallagher avec des Converse, j’avais bien trop peur de ne pas ressembler à tout le monde (pantalon taille basse, veste de tailleur La City et sac à main verni Paquetage) et bien trop peu d’audace pour oser un look pseudo-romantique façon Elizabeth Bennett des années 90. J’ai donc attendu quelques années avant de redonner une chance à Jane, de lire enfin Orgueil et Préjugés et de faire face à une immense déception : moi qui avais toujours entendu parler de ce livre comme d’une des plus belles histoires d’amour de tous les temps, devais-je subitement m’excuser d’avoir plus pleuré devant les amours de Colin et Chloé que devant Lizzy et Darcy (et je ne vous parle pas de Sailor et Lula, évidemment) ?

Bref, je me suis sentie sale et différente. Un peu comme quand je lance dans une conversation portant sur le rock’n’roll que je n’aime pas Led Zepp et que j’ai jamais pu blairer Pink Floyd, et que tout le monde s’arrête en me dévisageant, comme si je venais d’avouer que j’aime sacrifier des chatons les soirs de pleine lune. Et aujourd’hui, j’ai décidé que l’occasion était bien tombée pour tenter de se réconcilier avec Jane.

J »ai lu quelque part que Persuasion est le roman préféré des vrais amateurs de Jane Austen. Un peu comme si le lecteur lambda se contentait de se ruer spontanément sur Orgueil et Préjugés tandis que les vrais savent que tout est dans Persuasion.

J’ai un peu honte de le dire, car j’aurais vraiment, vraiment aimé faire partie de ces gens qui se sentent transportés par les récits de Jane Austen mais j’ai détesté cette histoire vieillotte semblable à toutes ces autres histoires d’amour vieillottes, avec ses jeunes filles de bonne famille qui ne pensent qu’au mariage – avec le plus beau et le plus distingué – et aux mondanités, et ces types toujours un peu mystérieux qui ne pensent qu’à se marier – avec la moins chiante et la plus riche – et à se pavaner également dans les dîners. J’ai détesté les longueurs de ce roman où, la plupart du temps, il ne se passe rien ou pas grand chose à part des balades, des goûters, des dîners, des soirées au théâtre, des confidences, de longs soupirs, des regards croisés, des sourires à la dérobée, et puis voilà. Bon, après ok, l’auteur nous parle des amours d’une époque où on ne se rencardait pas en moins d’une heure sur Tindre pour se mélanger les poils pubiens avec un parfait inconnu. A cette époque-là, les histoires sentimentales prenaient légèrement plus de temps à se mettre en branle, forcément, aussi est-il normal que les héros mettent quelques 250 pages à s’échanger un premier regard complice. Mais tout de même.

Et comme tout le monde autour de moi a l’air d’aimer Jane Austen, je me sens encore pire qu’en 1998 car ce coup-ci, je me demande si c’est, non plus un défaut de maturité mais plutôt un défaut de sensibilité littéraire qui m’empêche d’apprécier Jane Austen comme il se doit. Quoique, la maturité y est peut-être encore pour quelque chose, allez savoir.

En revanche, j’ai bien aimé l’héroïne, car Jane Austen sait créer des personnages qui sont de belles personnes. Et j’ai évidemment aimé le côté héroïne féministe qui s’ignore de cette incorrigible romantique qui reste fidèle à son premier amour au risque de finir vieille fille.

J’ai évidemment aimé le coup de l’amour de jeunesse perdu de vue qui resurgit de nulle part et dont on ne sait pas très bien s’il aime encore ou non son coup de foudre d’antan, car que voulez-vous, je suis fleur bleue.

J’ai bien aimé les questionnements et les remarques de l’héroïne qui sait faire sentir qu’au-delà des dîners et autres mondanités, les jeunes filles de ce siècle s’efforcent avant tout de se remplir l’esprit et d’occuper leur temps, quasiment de peur de se retrouver trop longtemps seules, face à elles-mêmes, à trop ressasser certaines angoisses et douleurs. Comme lorsqu’Anne explique le pourquoi des fixettes affectives typiquement féminines qui durent et durent pendant des années : « Nous ne vous oublions certainement pas aussi vite que vous nous oubliez. C’est peut-être notre destinée plutôt que notre mérite. Nous n’y pouvons rien, nous sommes ainsi faites. Nous, nous vivons enfermées chez nous, dans une tranquillité qui nous laisse en proie à nos sentiments. Vous, vous êtes forcés de vous dépenser. Vous avez toujours un métier, des occupations, telle ou telle affaire qui vous rendent aussitôt au monde extérieur ; et alors l’activité et le changement continuels affaiblissent les impressions ».

En définitive, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce livre.  J’ai seulement dû parfois prendre sur moi pendant la lecture, tentée de sauter deux ou trois pages, voire dix, vu qu’à la onzième page on sait qu’il sera toujours question du même dîner et que de toute façon, Anne n’aura pas adressé un mot au capitaine Wentworth. Et je remercie Siam de m’avoir presque réconciliée avec Jane Austen.

De tout façon, je te préviens Jane, je n’en ai pas fini avec toi, je reviendrai avec un nouveau roman et peut-être que ce coup-ci je saurai saisir cette quintessence qui m’échappe encore et qui fait pourtant soupirer des générations de lectrices extasiées. Et ce coup-ci, ça va chier.

 

 

Acheter Persuasion de Jane Austen

J’ai gardé le meilleur pour la fin.

Annika m’a envoyée d’Allemagne une géniale carte postale représentant la couverture d’un numéro de Planet stories, magazine de science-fiction américain publié entre les années 40 et 50 , avec des monstres tentaculaires, une jeune fille en détresse et un héros évidemment équipé d’un pistolet laser. Et je me suis dit que quelqu’un qui connaît Planet Stories ou faisant preuve d’aussi bon goût en matière de carte postale ne peut forcément pas avoir des goûts de chiotte en matière de livres, ça me paraît relever du bon sens. Aussi quand Annika m’a conseillé de lire La Harpe d’herbes de Truman Capote, j’ai eu le sentiment que je n’allais pas prendre trop de risques.

 

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Après la mort de sa mère, le jeune Collin part vivre chez deux vieilles cousines, Verena et Dolly Talbo. Verena est une vieille fille rigide et austère, femme d’affaire hors pair, pour laquelle Collin n’éprouve ni grand intérêt ni vive affection. En revanche, sa soeur Dolly, que les habitants de la petite ville pensent un peu folle et simplette, va immédiatement le captiver et gagner son coeur. Dolly est une femme douce et effacée qui dort dans une chambre entièrement peinte en rose, accroche des photographies de chatons dans sa cuisine, passe son temps à jouer et à faire des gâteaux et surtout, qui s’émerveille de tout. On pourrait dire de Dolly qu’elle est une belle âme, faisant partie de ces rares personnes qui savent voir la beauté en toute chose, la bonté en tout être, qui s’émerveille en cueillant des plantes et des herbes dont elle fait une mystérieuse potion, qui se réjouit de chaque rencontre et de chaque éclat de rire. Avec sa meilleure amie Catherine, une vieille servante noire édentée qui se prend pour une Indienne, Dolly entraîne Collin dans ses jeux, ses envolées poétiques  et ses longues promenades au cours desquelles elle lui certains secrets qu’elle semble être la seule à détenir, comme celui de la « harpe d’herbe », cette haute herbe indienne qui, lorsqu’elle est parcourue par le vent, révèle les voix des âmes humaines qui racontent l’histoire des gens de la colline.

Un beau jour, un vif désaccord survient entre les deux soeurs Talbo et Dolly, qui refuse d’être davantage un poids pour Verena, décide de quitter la maison familiale en emportant avec elle une petite valise et, bien entendu, Collin et sa fidèle Catherine. Le joyeux trio part en quête d’un nouvel endroit où vivre et décide de s’installer dans la vieille cabane abandonnée, perchée tout en haut d’un arbre. La nouvelle gagne bientôt toute la ville et des scènes inattendues vont avoir lieu au pied de l’arbre tandis que de nouveaux compagnons de route vont croiser le chemin des trois fugitifs : l’impétueux Riley, le vieux juge Cool, une veuve et sa caravane d’enfants, sans oublier les gens de la ville, bien décidés à déloger coûte que coûte le petit groupe de l’arbre.

Ce petit roman est un condensé de poésie comme j’ai rarement eu l’occasion d’en lire. Truman, en vérité je te le dis, tu as réussi à faire pleurer mon coeur de jeune fille et moi aussi maintenant, j’ai envie de me réfugier en haut d’un arbre pour manger du ragoût d’écureuil et fumer ma première cigarette. Et moi aussi j’ai envie de me réfugier tout contre Dolly Talbo pour l’entendre me parler des secrets des gitanes et de la harpe d’herbe en mangeant des biscuits au beurre.

Acheter La Harpe d’herbes de Truman Capote

Voilà pour cette fois-ci. En attendant la prochaine fournée, vous pouvez toujours relire les archives du projet My favourite book of all time ou même (soyons foufous) y participer. Tout ça se trouve ici. Et d’ici là : paix et félicité.

                                                                                                 

17 thoughts on “My favourite book of all time #4

  1. Aujourd’hui, j’ai 60 ans ; alors je m’écoute ça http://youtu.be/ixpuvMiZnBk au réveil, comme tous les ans. Je pourrais écouter ça https://youtu.be/UOHCw7CFkN4 si j’étais atteint de jeunisme.
    Je découvre les romans délicieusement victoriens de Anne Perry (va voir sa bio sur Wiki – du coup, j’ai vu le film -, étonnant), et comme beaucoup considèrent que ça rappelle Austen, je me suis dit que j’allais lire ça un de ces jours.
    Pour ne pas avoir de lacunes en s-f, il faudrait ne lire que ça (moi-même, je n’ai jamais lu Heinlein ni Asimov, la honte !).
    Led Zep. : Whole Lotta Love à 14 ans, ce fut une sacrée claque, jamais rien entendu de tel avant – comme les Pistols plus tard) ; les 4 premiers albums sont bien, après c’est chiant, hors Kashmir.
    Pink Floyd, jusqu’à Ummagumma (et encore, le 1er 33t), après c’est à chier. Mais les mecs me sont restés sympathiques parce que, suite à un désaccord, ils ont fait toute la tournée Gini avec des tee shirts Guinness. (Notice de Libé sur The Wall : bande annonce interminable ; ah, ah, ah.)
    A bientôt, avec des bises.

    • Ton cadeau arrive dans ta boîte aux lettres dans quelques jours. J’espère que tu ne l’auras pas déjà. Cheers !

  2. P.S.
    A propos de Capote, il faut voir le film éponyme, ne serait-ce que pour l’époustouflante interprétation de Philip Seymour Hoffman (et la vo s’impose : il a recréé jusqu’à sa voix).

  3. Dans la biblio de Morwenna il y a un EXCELLENTISSIME bouquin de Sf, une référence pour moi : « Demain les chiens ». Je suis donc cliente d’avance de Morwenna, je vais l’offrir à l’ado pour son anniversaire parce que je suis pingre (et fauchée aussi). Il faut que je te dise que je me fais un peu chier sur Duma Key (j’en suis à la moitié), je crois que je préfère les trucs genre le Fléau, là je l’ai remisé loin sur la table de nuit. En revanche je te conseille très très grandement « Réparer les vivants » que j’emmène partout en repoussant le moment de le lire parce que j’avais peur mais que ennui sur Duma Key oblige j’ai lu parce que je n’avais plus rien et que je trouve que les librairies sont pas terribles à Arcachon. Il fera partie des 30/50 grands bouquins de ma vie, même si j’ai eu des espèces de sanglots secs et déchirants très bizarres a posteriori.

    • Désolée que tu te sois ennuyée sur Duma Key. Pour sûr, c’est pas le meilleur Stephen King mais je l’ai trouvé cool quand même.

      Concernant Morwenna c’est marrant mais en considérant la liste de tous les titres de SF cités je me suis dit : « Demain les chiens, mais ouais, ça c’est un titre ! ». Et je ne sais pourquoi, il me tarde de le lire.

  4. Depuis plusieurs mois que je te lis assidûment je n’avais encore jamais laissé de commentaire mais cette fois-ci je me lance. Je voulais te dire que même si j’aime éclater franchement de rire devant tes aventures en solderies allemandes, tee-shirt Tortues Ninja et slips en synthétique à 0,5€, j’ai encore plus de plaisir à lire tes chroniques littéraires. J’ai déjà noté quelques ouvrages sur ma wish list et j’attends avec impatience de m’y mettre. Et même que depuis que tu as commencé ces chroniques je n’arrête pas de me poser la question « purée mais c’est quoi mon livre préféré de tous les temps? » et que je n’ai pas encore trouvé la réponse… alors je continue à réfléchir. Et en attendant je continue à lire. Alors merci pour tous ces conseils et idées de nouvelles et belles lectures!

    • Ah mais clairement, ce n’est pas simple de ne retenir qu’un seul et unique titre ! Mais c’est ça aussi qui rend le projet intéressant ! Réfléchis bien alors, et n’oublie pas de partager ton best book ever dès lors que tu l’auras déterminé. 😉

  5. J’avais laissé ce Truman dans un coin (pas bébé – don’t worry), je vais réparer cette erreur de ce pas. Jane a nourri mes premiers rêves romantico-érotiques (je suis vite passé aux SAS après), et rien que pour ça, je la vénère. Tu as raison de garder au chaud des morceaux de ta prose, les blogs c’est bien, mais ça adoucit l’écriture. La tienne est percutante, comme une V Despentes, même si sa vie c »est un peu plus trash que les slips primark, je vous trouve des points communs. Lâche les fauves, publie, et je serais la plus heureuse des lectrices. Merci pour ce partage.

  6. Moi je kiffe tes chroniques littéraires. Je prends même des notes même si ma pile à lire est loin d’être anorexique.
    Pour Jane Austen, si tu comptes persévérer (et je t’y encourage), j’ai envie de te dire PAS Mansfield Park. C’est le seul livre d’elle que je n’aime pas. Je trouve l’héroïne insignifiante et là, niveau longueurs tu vas être servie.
    Et pour Led Zepp, ben, je vais faire semblant de pas avoir lu…
    En tout cas, continue, je fais partie des fans.

  7. Merci beaucoup, je ne connais aucun des deux.
    Là, je lis la vie de Thérèse d’Avila de Christianne Rancé, que je me suis fait offrir par ma sœur ce dimanche, et La Nuit des temps, de Barjavel, que j’ai trouvé dans la bibliothèque des Petites Sœurs ; autant le Rancé m’enchante, autant j’ai un peu de mal avec Barjavel, que je trouve sec et froid (mais on en dit tant de bien – http://www.babelio.com/livres/Barjavel-La-nuit-des-temps/3018 – que je vais aller au delà des 73 pages déjà atteintes).

    Bises à chacune et chacun, et à ce tantôt.

  8. Attends avant de lire Demain les chiens, je te prêterai le n° spécial de Bifrost sur Simak, avec une préface de Silverberg à cet ouvrage.



  9. La version de Diamond est dans la B.O. d’un très bon film en N/B et bien noir sur le catch : Nos héros sont morts ce soir (avec un peu de Gainsbourg 60’s).

  10. Arrivée sur ce blog par un tweet, je me régale de post en post, surtout de cette chronicle littéraire. Superbe projet, merci profondément de le partager, j’en voudrais encore ! Morwenna, Féroces infirmes, Le maître et Marguerite: géniales découvertes. Pour Racines, La Nuit et L’empereur du Portugal, je suis encore trop lâche mais votre avis me motiverait presque à m’ouvrir les paupières à coup d’allumettes. Quand à Jane Austen, ça conforte mon idée que je ne tenterai plus.
    My favorite book est dans la catégorie « coup dans la face » plutôt que « seul sur une île déserte » quoi que je l’ai déjà lu 3 fois: La Peau de Malaparte. Je ne suis vraiment pas fan du récit de guerre, mais 1) celui-ci se passe à Naples 2) l’écriture m’a saisie à la fois fluide et baroque 3) le récit est à la fois réaliste et fantasmagorique avec ces différentes représentations de la peau. Merci encore.

  11. Hello, je lance ça ici dans un commentaire, ça fait un moment que j’ai envie de te conseiller « Vladimir ou les provinces de l’irréel » de Serge Lentz… je suis sûre que tu adorerais ! Je l’ai lu il y a quelques années et l’ai beaucoup relu et vais le relire prochainement ! C’est l’histoire d’un jeune noble russe, ou plutôt le début de son histoire (et on n’aura jamais la suite, en plus, c’était pas forcément prévu d’ailleurs) au 19ème par là, et c’est truculent. Pas d’autre mot. Et c’est génial… bref, si tu peux, je te laisse découvrir !
    A la même époque je lisais et relisais aussi « Volodia », de Simone Signoret. Hé oui, elle n’a pas seulement été une grande actrice mais avait un beau talent d’écrivain !! c’est la saga de deux famille juives arrivées en France au début du 20ème et c’est captivant, émouvant, marrant… bref, j’ai adoré !
    Voilà. Ma petite contribution. Sans carte postale, mais bon… Bonnes lectures !!

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